L’atelier régional sur le radicalisme religieux a été ouvert par le maire de Gorée, Me Augustin Senghor, en présence du représentant du ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Ibrahima Cissé et de l’ancien ambassadeur Saidou Nourou Bâ. Cette rencontre, initiée par Gorée Institute, se tient quelques semaines après des attaques « jihadistes » contre le Mali et le Burkina Faso. Conscient qu’aucun pays de l’Afrique de l’Ouest n’est à l’abri des terroristes, le Sénégal a déjà pris des dispositions pour faire faire face à la menace terroriste.
Evoquant le thème intitulé « Le radicalisme religieux et les menaces sécuritaires en Afrique de l’Ouest, perspectives nationales et régionales », Me Augustin Senghor a dit que « lieu ne peut être mieux choisi que Gorée pour discuter de la stratégie de sortie du radicalisme religieux car l’île historique a vécu, par le passé, une violence humaine inouïe ». Selon lui, il faut examiner les germes qui poussent certaines personnes à se mettre en marge de leur communauté, de leur société pour être des instruments de ces attaques meurtrières. « C’est à cela que nous invitons, nous autres profanes, les experts pour qu’ils trouvent une solution au problème de la violence qui s’est posé à l’Asie et l’Europe, tout en constituant aujourd’hui une menace forte pour l’Afrique de l’Ouest », a souligné Me Augustin Senghor. Soulignant les handicaps financier et technologique de l’Afrique de l’Ouest face au terrorisme, il a demandé de « tout faire pour ne pas tomber dans une situation pire que l’époque coloniale et la traite négrière ».
En tout cas, la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest constitue une préoccupation majeure. Et le représentant du ministère des Affaires étrangères, Ibrahima Cissé, l’a réaffirmé. « Le terrorisme, dans ses différentes manifestations et conséquences, nous interpelle tous », a-t-il fait remarquer avant le directeur exécutif de Gorée Institute, Doudou Dia, qui s’est demandé « si l’extrémisme religieux n’est pas relatif à l’instabilité dans nos pays ». De nombreux universitaires du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Sénégal ont lié la montée du radicalisme religieux à la naissance et à la prolifération des confréries un peu partout.
Le wahhabisme, le salafisme… gagnent du terrain en Afrique, grâce au financement, à partir de l’extérieur, de diverses activités comme la construction des mosquées, l’octroi de bourses d’études à de jeunes africains dans les pays arabes pour leur inculquer une certaine idéologie. C’est pourquoi le Dr Bakary Sambe a laissé entendre que « la question éducative nous interpelle tous, car ces réseaux confessionnels se substituent à l’Etat » avant de mettre l’accent sur « les typologies d’apologie du terrorisme ».
Le facteur démographique qui connaît une évolution vertigineuse en Afrique et le chômage des jeunes ont été répertoriés parmi les causes du radicalisme religieux. Celui-ci se nourrit aussi des réseaux sociaux, devenus des canaux virtuels utilisés par les recruteurs de « djihadistes ». Pour des membres de la Société civile, comme Aboubacry Mbodj et Alioune Tine, une crise des valeurs gangrène les pays africains. Il faut enseigner aux jeunes de nos pays certaines valeurs ancestrales pour qu’ils ne s’inspirent plus du mal venu d’ailleurs.
lesoleil