
Initiée en collaboration avec l’Union des mosquées de France (UMF), cette conférence, animée par des chercheurs et universitaires spécialisés dans les études et pensées islamiques venus notamment du Maroc, a connu la participation d’imams de différentes régions de l’Hexagone.
Les conférenciers ont ainsi tenu à expliquer le concept du djihad tel que défini par le Coran et le Hadith, soulignant que ce concept a été instrumentalisé par des extrémistes et des gens qui n’ont rien à voir avec l’Islam qui prône les valeurs de paix et du vivre ensemble.
Le dévoiement du vrai sens du djihad par les extrémistes en le liant à la violence, aux tueries, aux affrontements et au combat vise à induire les gens en erreur, ont souligné les participants, appelant à mieux former les imams, notamment en France, pour leur permettre d'inculquer aux jeunes les nobles préceptes de l'islam, à savoir la tolérance, le juste milieu, la modération et la justice.
Aujourd’hui, le djihad est parmi les concepts dévoyés, amalgamés avec la violence et le terrorisme, a affirmé, à l’ouverture de cette rencontre, le président de l’UMF, Mohamed Moussaoui, notant que l’objectif de l’Union est de pouvoir éclairer les jeunes sur des concepts qui sont manipulés par des doctrines et des mouvements de propagande extrémistes et leur donner la possibilité d’être éveillés face à ces risques accrus.
L’attentat de vendredi dans le sud de la France montre une fois de plus que la jeunesse se trouve face à des risques d’endoctrinement et de manipulation, a-t-il dit, insistant sur le devoir de tous les imams de France de travailler auprès de ces jeunes et de mieux les orienter.
Pour sa part, le président de l’UMF Île-de-France, Hauman Yaakoubi, a relevé que comme la laïcité, le concept du djihad souffre des mêmes symptômes de l’ignorance de certaines personnes, qui volontairement ou involontairement l’expliquent par la guerre sainte, la guerre contre les non-musulmans. Le djihad n’est donc perçu qu'à travers le prisme de la guerre, du terrorisme, de la violence pour être instrumentalisé contre l’islam de France, a-t-il dit.
Khalil Merroun, recteur de la mosquée et président du centre culturel islamique d’Évry, a affirmé que cette rencontre s’inscrit dans la continuité des actions contre la radicalisation et de promotion de l’image d’un islam de juste-milieu. Parmi les actions contre la radicalisation, M. Merroun a cité la formation en langue française des imams qui font le prêche du vendredi, appelant les imams de France à rendre au concept du djihad ses titres de noblesse, à savoir un «djihad de la science, un djihad de la compréhension de l’autre et du partage».lematin.ma