11:23 - October 12, 2019
Code de l'info: 3470818
Des ossements à même le sol, entre des traces de chenilles métalliques. Dans ce cimetière musulman du nord-ouest de la Chine, les bulldozers n’ont pas fait dans le détail, effaçant un lien entre les Ouïghours et leur mémoire d’outre-tombe.
Au pied des collines du comté de Shayar, des tombeaux, réduits à des tas de briques, parsèment le paysage.
 
Le spectacle se répète dans plus d’une dizaine de cimetières visités le mois dernier par l’AFP au Xinjiang, une région à majorité musulmane qui fait l’objet d’une stricte reprise en main par Pékin. Les journalistes ont constaté la présence d’ossements à l’air libre dans trois anciens cimetières.
 
Au nom de la lutte contre le séparatisme et le terrorisme islamiste, le régime chinois a considérablement renforcé les mesures de surveillance au Xinjiang depuis environ deux ans.
 
Les quelques 10 millions d’Ouïghours, la principale ethnie de la région, sont particulièrement visés. Selon des organisations de défense des droits humains, pas moins d’un million d’entre eux auraient été internés dans des camps de rééducation.
 
Pékin dément ce chiffre et explique qu’il s’agit de « centres de formation professionnelle » destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.
 
Mais la reprise en main du pouvoir s’étend aussi au-delà de la mort.
 
Selon des images satellite analysées par l’AFP avec l’association Earthrise Alliance, basée à Washington, au moins une quarantaine de cimetières ouïghours ont été rasés à compter de l’an dernier dans cette région vaste comme trois fois la France.
 
A Aksu, dans l’ouest de la région, un vaste cimetière a été transformé en un « Parc du bonheur » qui comprend un lac artificiel, des jeux pour enfants et des pandas en carton-pâte.
 
Le site était révéré par les Ouïghours car il abritait la tombe d’un de leurs poètes du XXe siècle, Lutpulla Mutellip.
lemuslimpost
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