Remise en question de la structure politique de l'Irak, danger de division si le vide politique continue

5:43 - December 24, 2019
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Hossein Kanani al-Moghaddam, expert de l'Asie occidentale, a précisé que l'échec de la formation d'un gouvernement central puissant et la persistance du vide du pouvoir favoriseront la mise en application du complot de division des États-Unis.
Lors d’une interview accordée à IQNA, il a souligné que la participation des partis est un des principaux défis de la structure politique irakienne, ajoutant : « Les manifestations irakiennes ont commencé le 1 octobre à Bagdad et dans certaines villes du sud, pour protester contre la corruption et la bureaucratie, le manque de services sociaux, le chômage et le manque d'emplois, et se sont poursuivies en raison de l'influence d'éléments affiliés aux États-Unis et à certains pays mercenaires de la région, qui ont finalement forcé Adel Abdul Mahdi à démissionner afin d'éviter de nouvelles effusions de sang.
 
À l'heure actuelle, les partis politiques et les partis irakiens discutent sur la nomination du Premier ministre, les dernières nouvelles suggérant que la coalition dirigée par Hadi al-Ameri "Al-Banna" dans une lettre au président irakien Barham Saleh, nommera l'ancien ministre irakien de l'éducation, Qaisi Abdul Wahab al-Sahil, comme candidat au poste de Premier ministre.
 
 Actuellement, il n'est pas possible de voyager en toute sécurité dans certaines villes irakiennes et nous recommandons de reporter à plus tard, les voyages dans les villes saintes. Cependant, ces manifestations ne peuvent empêcher la République islamique d'Iran d'envoyer ses pèlerins dans ce pays. 
 
Il est également question d'un boycott des produits iraniens en Irak mais les Irakiens savent que l'Iran est la porte d'entrée la plus importante pour le commerce. Pour cette raison, les problèmes économiques de l'Irak sans l'Iran, vont s'aggraver. La situation est temporaire et pourrait durer jusqu’à ce que les demandes de modifications de la constitution irakienne soient satisfaites.
 
Les quatre personnalités chiites irakiennes influentes Muqtada al-Sadr, Haider al-Abadi, Ammar al-Hakim et Nouri al-Maliki représentent tous un parti et un courant, à savoir la Coalition Saaron, le Parti islamique d'al-Dawwa, le parti de la Sagesse nationale irakienne et la Coalition pour l'État de droit. Ces figures chiites, d'une part, soutiennent les protestations populaires sur les questions économiques et essaient de soutenir le peuple, mais en même temps, tentent de maintenir la souveraineté et l'intégrité de l'Irak, et la structure du gouvernement et du parlement.  
آماده //  مصاحبه // عدم تشکیل حاکمیت قدرتمند مرکزی، تجزیه عراق را به دنبال خواهد داشت
La rivalité de ces figures chiites pour attirer les gens dans les partis et les courants politiques, était une autre motivation de leur soutien aux manifestants. Muqtada al-Sadr est apparu à plusieurs reprises dans les manifestations où parfois les gens scandaient des slogans contre lui. D'un autre côté, certains courants politiques irakiens sont soutenus par l'Arabie saoudite, ou coopèrent directement avec les États-Unis, ou ont le soutien direct de certains États du Golfe, comme les Émirats arabes unis, et peuvent dans une certaine mesure, être capables de s’élever politiquement pour accéder au futur gouvernement.
 
Le plan américain actuel dans la région, d’insurrection intérieure et de soutien extérieur, consiste à activer les mouvements sociaux et à créer un vide de pouvoir dans certains pays. Les Américains veulent intervenir et forcer les gouvernements faibles à faire des compromis et à travailler avec eux, en offrant aussi aux gens une aide financière pour résoudre provisoirement leurs problèmes alors que le pays sera rongé de l’intérieur. 
 
Les Américains peuvent chercher à mettre en place un gouvernement extrémiste en Irak, construire des bases militaires et éventuellement intervenir. Le système des partis en Irak, a malheureusement été mal exécuté. Les partis pour accéder au Parlement, ont tiré leurs partisans dans la rue et créé des divisions surtout au sein des chiites comme le souhaitaient beaucoup de personnes. À mon avis, Adel Abdul Mahdi a réussi parce qu'il n’écoutait ni les Américains ni les partis, et ces deux groupes ont protesté contre le maintien d'Abdul Mahdi au pouvoir. 
 
Si Abdul Mahdi avait écouté Muqtada al-Sadr ou d'autres partis, cela ne serait pas arrivé. Abdul Mahdi avait un grand respect pour l’autorité des religieux et a travaillé dur pour maintenir l'unité des chiites. Mon analyse est que l'Irak a besoin d'une "souveraineté forte". À l'heure actuelle, les structures gouvernementales en Irak, sont trop faibles. Les ministères, la bureaucratie et les services publiques, et même les gouvernements irakiens successifs ont été incapables de mener les affaires de reconstruction et de développement. Par conséquent, la formation d'un nouvel Irak ne concerne pas seulement la zone verte de sécurité de Bagdad, mais l'ensemble de l'Irak, en particulier les nombreuses provinces irakiennes qui devraient être la priorité du gouvernement central suite aux dommages causés à l'époque de Saddam. 
 
Les relations actuelles de l'Irak avec les pays de la région sont peut-être meilleures, mais les relations du gouvernement avec les provinces sont faibles. Bien sûr, la situation de la région du Kurdistan est différente car elle exporte du pétrole et reçoit un financement énorme de la part du gouvernement. Mais certaines provinces sunnites et même chiites en Irak sont confrontées à une injustice du gouvernement central accusé de les abandonner et de rechercher uniquement des relations avec les pays étrangers. D'un autre côté, une grande partie du pétrole irakien est détournée par les États-Unis comme butin. 
 
Les Américains basés dans ce pays, ne prêtent aucune attention au gouvernement central qui n’a pas trouvé sa place. La délégation qui a commencé à travailler avec Adel Abdul Mahdi lui-même, et l'autorité religieuse irakienne, a été très active en ce qui concerne « le nid d'abeilles » c’est-à-dire les centres de corruption, avec la convocation de cadres et de fonctionnaires corrompus. Peut-être qu’une partie de ce soulèvement est due à ces agents qui ont un pouvoir financier gigantesque et peuvent mobilisent des troupes dans les rues en leur fournissent de la nourriture, des installations et des armes. 
 
Bien entendu, les personnes convoquées ne représentent qu'une faible proportion de ceux qui ont contribué à la corruption économique en Irak. Quiconque a travaillé en Irak sait qu'il y a une ou deux personnes dans chaque région, qui réclament leur part dans tout échange ou tout appel d'offres. Une autre raison pour laquelle Abdul Mahdi a été attaqué par ces personnes, est la mobilisation populaire de Hashd al-Sha'abi, une force révolutionnaire chiite qui comprend aussi des adeptes des religions chrétienne, zoroastrienne, zeidistes et autres. 
 
Le Hashshal-Sha'abi est un bras puissant qui peut faire face à l'insécurité ou à toute menace contre l'Irak, mais qui n’interviendra pas dans les conflits intérieurs. Les Américains sont mécontents du fait que l'Irak ne respecte pas les sanctions américaines contre l'Iran et poursuive son commerce avec l'Iran, alors qu'Adel Abdul Mahdi à plusieurs reprises, a été victime de pressions pour avoir négligé les sanctions. 
 
L'aide de l'Arabie saoudite et des pays arabes a été suspendue et des pressions ont été exercées sur l'économie et les moyens de subsistance de la population. Adel Abdul Mahdi a fait ce qu'il fallait dans la lutte contre la corruption, mais n'a pas pu en empêcher les conséquences. Si l'Irak ne parvient pas à établir une souveraineté forte nous devrons nous attendre à ce que les Américains remettent à l’ordre du jour, leur projet de partition de l'Irak », a-t-il dit.
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