8:16 - January 02, 2020
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Théâtre d’une recrudescence d’attaques ciblées contre les mosquées, l’Ethiopie aux destinées de laquelle préside Abiy Ahmed Ali, le Premier ministre dont les efforts incessants en faveur de la concorde nationale ont été couronnés par le Nobel de la paix 2019, est en proie à de violents tumultes qui suscitent une colère teintée d’effroi au sein de la communauté musulmane.
Fils d’un père musulman et d’une mère chrétienne, Abiyi Ahmed Ali personnifie à lui seul la coexistence harmonieuse à laquelle il aspire tant pour son pays – terre de chrétienté et d’islam respectivement pour 43% et 42% de ses concitoyens (selon le recensement de l’ONU paru en 2015) – et assiste d’autant plus consterné à un regain de tensions qui ravivent le brasier incandescent de la haine.
 
 
Abiyi Ahmed Ali, artisan de la réconcilation avec l’Erythrée, nobelisé à Oslo
Ses appels vibrants à l’unité semblent se perdre dans les explosions de joie bruyantes d’une certaine frange de la population, farouchement hostile à l’islam, comme ce fut le cas récemment, à l’annonce des incendies criminels qui ont ravagé quatre mosquées ainsi qu’un centre d’affaires appartenant à des musulmans, embrasant les esprits à Mota, une ville située au coeur de la région d’Amhara.
 
Des images prises sur le vif, montrant cette liesse populaire aussi exaltée que vengeresse, sont devenues virales sur les réseaux sociaux, ajoutant l’affront cuisant à la profonde blessure infligée aux Ethiopiens musulmans.
 
Très alarmé, le Conseil éthiopien des Affaires islamiques a confirmé que les quatre mosquées et le centre d’affaires fondé et dirigé par des musulmans avaient bel et bien été « délibérément pris pour cible ». De leur côté, les hauts dignitaires religieux, musulmans et chrétiens, sont montés simultanément au créneau pour condamner avec la même vigueur des attaques intolérables, froidement planifiées et exécutées.
 
Update: Addis Ababa Muslim residents who gathered in Nur Masjid (Piassa) for Dhuhur (Zuhur/ Mid Day prayer ) have denounced the incidents that happened in Motta town and call for government to take action against the perpetrators. Pic cr- የያሲኔ ወዳጅ Fb page. pic.twitter.com/WdXFGFvwx1
 
— Ahmed® (@Hamoudu) December 21, 2019
 
Depuis Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, le Premier ministre Abiy Ahmed Ali n’a pas eu de mots assez forts pour blâmer ces « tentatives de déstabilisation fomentées par des extrémistes » dont le sombre dessein vise à « briser la riche histoire de tolérance religieuse et de coexistence pacifique du pays ».
 
Près de dix mois après que cinq mosquées ont été la proie des flammes, au cours de deux attaques distinctes menées en février dernier, au sud de Gondar, l’une des plus anciennes capitales d’Ethiopie, la destruction de quatre nouvelles enceintes sacrées musulmanes, totalement réduites en cendres, a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.
 
Elles ont soulevé une immense vague d’indignation au sein de la population musulmane qui n’est pas prête de retomber. Depuis ce samedi 21 décembre funeste, une clameur de protestation retentissante monte des rangs des centaines de manifestants qui battent le pavé inlassablement, à Jimma et dans plusieurs autres localités, pour s’insurger contre cette croisade anti-musulmans dévastatrice.
 
#Ethiopia: The #Amhara region Islamic Affairs Council denounced the burning of two mosques in North #Gonder zone Esete town yesterday. The Council's SG Sheik Mohammed Hassen said such act doesn't represent both Islam & Christian religions & their followers https://t.co/XYdM1F2MfT pic.twitter.com/JjqsjqZBAk
 
— Addis Standard (@addisstandard) February 4, 2019
 
D’aucuns attribuent cette flambée de violences contre les musulmans à la volonté du Premier ministre de changer la structure gouvernementale de la république fédérale d’Ethiopie. En effet, à l’heure actuelle, la composition du gouvernement repose sur une coalition de différents partis régionaux, appelés le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF).
 
Abiyi Ahmed Ali, le chef du gouvernement, s’attelle à la mise en place d’un système centralisé autour duquel les régions seront fédérées. Mais c’était sans compter les conflits paroxystiques entre les différents leaders régionaux que cela allait faire naître immanquablement, tous craignant de perdre leurs baronnies respectives, leur pouvoir et leurs prérogatives.
oumma
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