10:22 - February 18, 2020
Code de l'info: 3472020
Téhéran(IQNA)-Près de deux ans après l'assassinat de Jamal Khashoggi, critique du gouvernement saoudien, il semble que cet évènement a encore une influence sur la politique étrangère de l'Arabie saoudite et son ambitieux prince héritier.

Dans une note au « National Interest » Sabera Azizi, politologue afghan a présenté les divers aspects de l'assassinat de Jamal Khashoggi (journaliste saoudien) au consulat de Riyad en Turquie, et ses effets après près de deux ans.


Azizi cite entre autre, l'action du FBI pour empêcher l'enlèvement d'un des détracteurs de Mohammed bin Salman, Abdul Rahman al-Mutiri, ancien étudiant de l'Université de San Diego aux Usa.


« Depuis 2017, Ben-Salman qui est devenu prince héritier, a lancé une campagne brutale contre ses détracteurs au grand mépris des droits de l’homme, et les réformes du prince servent souvent de couverture stratégique pour consolider son pouvoir. Son horrible campagne intérieure est menée parallèlement à une politique étrangère illégale. Bin Salman a décidé de s’opposer directement à des pays arabes de la région comme le Yémen, la Syrie, le Liban et le Qatar. En outre, le gouvernement saoudien ne finance plus les mosquées à l'étranger qui étaient les principaux piliers de la politique étrangère traditionnelle de Riyad.

Le mois dernier, l'ancien ministre saoudien de la Justice, Mohammed bin Abdul Karim Issa, a affirmé que l'Arabie saoudite ne financerait plus les mosquées à l'étranger mais continuera à sécuriser ses mosquées dans d'importantes zones géostratégiques telles que l'Afghanistan et le Pakistan, ce qui constitue un changement radical dans la politique étrangère de Riyad.

La politique étrangère de Riyad se concentre sur ce qu'ils appellent la "menace iranienne". Le gouvernement saoudien favorise les groupes extrémistes et établit des liens étroits avec les cheikhs wahhabites. Les budgets des mosquées, dans les pays islamiques, ont été approuvés pour renforcer son influence et contenir l'influence de l'Iran dans le monde musulman.

Le gouvernement saoudien en réduisant le financement des mosquées pour des raisons de sécurité, à l’étranger, montre que les problèmes internes menacent davantage le régime que les affaires étrangères. Cette dernière réforme dans la politique étrangère, reflète un changement de stratégie de Mohammed Bin Salman pour préserver son pouvoir. La décision de cesser de financer ces mosquées ne représente pas un retrait mais plutôt un changement d’orientation vers la politique intérieure.

L’opposition nationale représente une grande menace pour le régime de Ben-Salman. Pour cette raison, Riyad a stratégiquement donné la priorité aux menaces de l'opposition intérieure sur la menace de l'Iran. Riyad a le soutien de nombreux pays étrangers, y compris des pays occidentaux, dans la coalition contre l'Iran, mais n'a pas réussi à obtenir le soutien occidental dans la répression de ses citoyens.

L'assassinat de Jamal Khashoggi a probablement conduit à ce changement. Son assassinat a révélé les méthodes brutales du régime saoudien pour faire taire les dissidents et les critiques, a été largement condamné au niveau international et a été présenté comme une violation des droits de l'homme. Un tel changement de stratégie peut conduire à des violations des droits de l'homme.

Ce mois-ci, les États-Unis ont accordé l'asile à Al-Matiri après que le FBI a découvert le plan du gouvernement saoudien. Si les États-Unis ont souvent encouragé l'Arabie saoudite à investir à l’étranger, quand il s’agit de Jamal Khashoggi, Riyad n'a aucun allié fiable », précise Sabera Azizi.
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