8:12 - April 19, 2020
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Téhéran(IQNA)-Les bouleversements provoqués par la pandémie du coronavirus n’épargnent pas centres d’apprentissage du coran. A Conakry, plusieurs d’entre eux ont dû fermer à cause de cette maladie hautement contagieuse, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.
Mouhamadou Sanoussy Diallo gère un foyer coranique au quartier Koloma, dans le commune de Ratoma. Il a une centaine d’élèves qui y viennent chaque jour pour apprendre le coran et les bons comportements prônés par l’islam. Face à la propagation du Covid-19 en Guinée, il a décidé de suspendre ses activités et de dire à ses élèves de rester à la maison jusqu’à la fin de cette crise sanitaire. Une décision qui ne reste pas sans conséquences pour lui.
 
Mouhamadou Sanoussy Diallo, foyer coranique à Koloma
 
« Pour lutter contre cette épidémie du Coronavirus et pour éviter toute propagation de l’épidémie, j’ai demandé à mes élèves de rester à la maison. J’ai suspendu donc toute activité liée à l’apprentissage du coran ici. Mais comme vous le savez, cela a un impact chez moi. C’est vrai je ne demande pas qu’on me rémunère pour ce que je fais parce que mon objectif c’est de leur inculquer au-delà du savoir, un bon comportement, le bon vivre ensemble, pour éviter que les enfants aillent faire du vagabondage.
 
Mais malgré tout, les parents de certains élèves me donnent de l’argent à la fin de chaque mois. Donc avec cette suspension des cours, je ne gagne même pas le peu d’argent qu’on me donnait avant alors que j’ai des charges personnelles, notamment le paiement des frais de scolarité de mes enfants à l’école, le loyer,… Donc s’il y a une possibilité pour le gouvernement de nous assister en cette période, ça nous fera plaisir », a-t-il dit.
 
Mouhamadou Baldé, maître coranique au quartier Cosa
 
Sanoussy Diallo n’est pas le seul dans cette situation. Mouhamadou Baldé, qui tient un foyer coranique à Cosa, a dû aussi fermer son centre. Il dit n’avoir pas eu le choix que procéder ainsi. « Je donne des cours du coran à une dizaine d’enfants. Lorsque l’épidémie du Coronavirus s’est déclarée dans notre pays, j’ai tout de suite pris des dispositions en installant un kit de lavage des mains qui contient de chlore. Mais finalement, j’ai suspendu l’apprentissage du coran chez moi.
 
Ce n’est pas notre souhait, mais nous sommes obligés de faire comme ça. C’est un peu difficile pour nous aujourd’hui, parce que je tirais quelques revenus de cet enseignement du coran. Aujourd'hui, cela est à l’arrêt. Donc, c’est un préjudice pour moi. Mais comme je l’ai dit, on n’a pas le choix, car la santé doit être mise devant tout. J’exhorte donc tous les détenteurs des foyers coraniques à faire comme moi en suspendant leurs activités. Ça y va de notre santé, ça y va de notre bien-être », a-t-il conseillé.
 
Boubacar Diallo, maître coranique au quartier Soumanbossia
 
Boubacar Diallo, résidant au quartier Soumanbossia, his, n’a pas fermé son foyer coranique. Il a tout simplement réaménagé le programme. « J’ai une vingtaine d’enfants à enseigner. Mais contrairement à mon ancien programme, qui consistait à réunir les enfants en masse, maintenant ils viennent par rendez-vous. J’ai fait installer un kit de lavage des mains, chaque enfant qui vient, il se lave les mains avant que je lui dispense les cours. Lorsqu’il maitrise son thème, il va chez lui et un autre aussi vient. Je me suis planifié : un premier groupe vient à 14 heures et l’autre vient à 16 hours, mais par nombre très réduit », a expliqué ce maître coranique, précisant que son nouveau plan de travail fonctionne normalement.
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