8:41 - September 03, 2020
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Téhéran(IQNA)-Dans plusieurs villes sud-africaines, les autorités ont interdit ou demandé de réduire le son des appels à la prière musulmane.
En colère, de nombreux musulmans dénoncent des mesures islamophobes et ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel.
 
La communauté musulmane sud-africaine va contester devant les hautes juridictions les restrictions à « l’adhan » – l’appel à la prière musulmane – imposées par les autorités administratives et judiciaires dans certaines villes du pays.
 
À Pretoria, la capitale sud-africaine, les inspecteurs de la ville ont ordonné, vendredi 28 août, à la mosquée principale d’arrêter de diffuser l’appel à la prière musulmane par les haut-parleurs. « Nous pensons que la notification adressée à la mosquée de Pretoria ne résistera pas au test constitutionnel. Nous pensons qu’ils doivent prouver que l’adhan cause des perturbations et contester cela devant les tribunaux », a réagi, lundi 31 août, Faisal Suliman, le président du Réseau musulman sud-africain.
 
La décision des autorités municipales de Pretoria intervient alors qu’un tribunal a ordonné à une mosquée de Durban, dans le sud-est du pays, d’« atténuer les appels à la prière » jugés « trop bruyants » en cessant d’utiliser un système d’amplification extérieure. « Nous estimons que ce jugement est un mauvais jugement », a encore déclaré Suliman, qui a promisfaire appel, et s’il le faut « jusqu’à la Cour constitutionnelle ».
 
Une première décision judiciaire
À l’origine de la décision de justice, la plainte de Chandra Ellaurie qui vit en face de la « Madrasah Taleemuddeen », un institut islamique situé à Isipingo Beach près de Durban. Estimant que les appels à la prière, notamment à l’aube, entravaient la jouissance de son droit de propriété, il avait saisi le tribunal pour demander de les interdire et d’ordonner la fermeture de la mosquée.
 
Selon Faisal Suliman, c’est la première fois dans l’histoire récente de ce pays que quelqu’un saisit la justice pour empêcher un lieu de culte d’exercer certains de ses rituels.
 
Dans son jugement, le tribunal a estimé que « la proximité de la propriété du requérant avec celle de la médersa et les preuves accablantes de l’appel à la prière » justifient que « l’appel à la prière interfère avec son espace privé », et ordonné à la mosquée de faire en sorte que l’appel du muezzin ne puisse être entendu de l’intérieur du domicile du plaignant. Les juges ont en outre demandé à l’institut islamique de limiter chaque appel à la prière à trois minutes.
 
Des plaintes depuis 2004
Le contentieux entre le plaignant, de confession hindouiste, et la mosquée remonte à bien plus longtemps. Avant de saisir le tribunal, il avait, en juillet 2004, fait un rapport des désagréments qu’il subissait à la commission nationale des droits de l’homme. La commission avait à cette époque recommandé à l’institut islamique « de s’abstenir d’utiliser le système d’amplification du son externe lors du premier appel à la prière de chaque jour », notamment à 3 h 30 min heure locale.
 
En Afrique du Sud, les musulmans représentent environ 2 % de la population, selon l’organisme officiel des statistiques StatisticsSA.
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