20:59 - November 04, 2020
Code de l'info: 3474671
Téhéran(IQNA)-A la suite des récentes offenses à l’encontre du Noble Prophète de l’islam (psl), un groupe de penseurs, de juristes, d’érudits et de chefs religieux du monde ont adressé une lettre ouverte où faisant allusion à l’histoire française, aux crimes commis par la France contre l’humanité et aux répressions violentes ainsi qu’aux lois de ce pays sur les offenses aux sacro saints… a appelé les instances internationales à empêcher les actes offensant les prophètes, les religions et les fidèles des religions.

Voici la lettre ouverte des penseurs, des érudits et des chefs religieux 
 
Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux
 
 
Honorables scientifiques, intellectuels et citoyens du monde, 
La raison d'être de la démocratie, sous sa forme saine et juste, est le respect des êtres humains. Tout acte qui conduirait au non-respect, à la discrimination et la propagation de la haine contre les hommes, que ce soit effectué sous prétexte du libéralisme et de la démocratie ou en recourant à la force et à la dictature, est une action contre l'humanité. L'esprit de la démocratie n'est pas compatible avec la politique de deux poids, deux mesures, encourageant la violence contre une communauté et la tolérance envers une autre. L'attaque au Saint Prophète de l'Islam est d'un côté une attaque contre tous les prophètes des religions divines et contre l'ensemble de la communauté humaine, et de l'autre côté, une source de frustration pour une grande population comme la communauté musulmane, ce qui aurait pour conséquence la propagation de la haine et le mécontentement des membres de cette communauté. En effet, le seul chemin dont l'humanité dispose est de revenir vers le Message de Dieu qui est la véritable loi pour atteindre le salut. Pourtant, tous les savants du monde s'accordent sur le fait que la moindre des choses serait d'assurer le respect de la communauté humaine et la reconnaissance de l'être humain et l'humanité en tant que le chef-d'œuvre de la création.  
 
Actuellement, nous vivons dans une société où l'oppression et le mépris de l'autrui gagnent du terrain avec de plus en plus de vitesse et où l'injustice, la discrimination, l'hostilité et le discours de la haine se sont largement répandus. 
 
La France, avec sa pensée eurocentrique, a déjà été à l'origine de grandes erreurs dans l'Histoire, des erreurs qui ont eu pour conséquence l'emprisonnement de certains, le pillage de d'autres, des massacres, l'hégémonie et l'oppression de la population de diverses régions du monde et en un mot, la violation des droits de l'homme et de la liberté de la communauté humaine. A notre époque aussi, en gardant le même esprit et en suivant la même politique de deux mesures, deux poids, ce pays est à l'origine de l'établissement d'un climat de haine, des confrontations sociales et l'atteinte aux sentiments d'une grande partie de la population mondiale dont le nombre approche, aujourd'hui, deux milliards de personnes.   
 
Les tentatives visant à semer la discorde entre les adeptes des religions divines et la propagation de l'islamophobie, ont toujours fait partie des traditions idéologiques de la France et des Etats-Unis. La conséquence en est les phénomènes que nous constatons actuellement tels que la séparation de la communauté musulmane de la communauté non-musulmane, l'étiquetage provoquant la terreur, les discriminations professionnelles et sociales et les comportements hostiles de la police dont les musulmans sont les victimes. 
 
Dans la lutte des sociétés pour la défense des droits de l'homme, de la liberté d'expression et de la démocratie, le gouvernement français est le dernier à disposer d'un tel droit, étant donné son histoire tachée de nombreux crimes contre l'humanité, des génocides, des massacres, et des répressions violentes. La liste suivante ne reflète qu'une partie de ces crimes commises durant le vingtième siècle :
 
1) En 1940 : En Algérie, pendant la lutte anticoloniale dans les années 1940, le gouvernement français a tué plus d'un million d'Algériens, et blessé et expulsé des centaines de milliers de personnes. Les violences systématiques contre les Algériens se sont poursuivies avec les massacres de Setif et Guelma, de 1945 à 1962, jusqu'à ce que le pays déclare finalement son indépendance. Près de 30 000 musulmans ont été tués durant cette période. En plus, l'Algérie a été victime du génocide culturelle depuis 1830, la France ayant modifié de nombreux sites culturels et religieux de ce pays. 
 
2) En 1947 : le 29 novembre, le massacre de civils vietnamiens dans un village par l'armée française à l'époque de la domination française au Vietnam, une attaque au cours de laquelle 326 maisons ont été incendiées, de nombreuses femmes violées avant d'être assassinées par des soldats français et plus de 300 civils ont été tués, dont 170 femmes et 157 enfants. 
 
3) En 1961 : le massacre des manifestants algériens à Paris par la Police Nationale Française qui a battu et noyé dans la Seine plus de 300 personnes.
 
4) La France a également participé indirectement au génocide du 1994 au Rwanda en mettant des armes à la disposition des milices de Juvénal Habyarimana et en les entrainant au combat. Elle a ainsi contribué au massacre de près de 800 000 personnes au cours de trois mois. D'ailleurs, alors qu'un rapport officiel présenté en 400 pages par la Commission Ougandaise et publié par Paul Kagamé, le président Rwandais en 2007 prouve clairement que '' les troupes françaises ont été directement impliquées dans l'assassinat des Tutsis et des Hutus" et que "les forces françaises ont à plusieurs reprises  «violé les survivants tutsis.», non seulement les autorités françaises ont refusé catégoriquement de s'excuser, mais aussi le ministre français des Affaires Etrangères à l'époque du génocide, Alain Juppé, a qualifié la poursuite juridique de ce génocide de « la déformation de l'histoire».
 
Honorables chercheurs et scientifiques du monde,
 La France a violé les droits de l'homme à de nombreuses reprises durant ses années de colonisation, particulièrement en Afrique. Elle a occupé et colonisé en 1524, plus de 20 pays de l'Afrique du Nord et de l'Ouest. En fait, près de 35 pourcent de la surface de ce continent a été sous la domination française pendant 300 ans. La population du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et du Bénin étaient alors réduite en esclavage et toutes les ressources de ces régions étaient exploitées par la France. Pendant cette longue période, toutes les tentatives de décolonisation ont été sévèrement réprimées si bien que plus de 2 millions d'Africains y ont perdu la vie.
 
La France, dans son droit positif, a prévu des lois concernant la défense des droits de l'homme visant à lutter contre le racisme, l'incitation à la haine, et la discrimination. Nous pouvons nous appuyer sur ces mêmes lois pour condamner les actes de sacrilège dont les musulmans sont les victimes. La liste suivante comprend les dispositions les plus importantes dans la réglementation française qui criminalisent le discours haineux, la discrimination et le non-respect des religions et prévoient des sanctions pour les éviter. 
 
 1) Les dispositions concernant l'incitation à la haine en France dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen Français (adoptée en 1789), figurent aussi bien dans le code civil que dans le code pénal. La loi prétend punir les citoyens qui diffame ou injurie des individus et des groupes en raison de leur appartenance religieuse, ethnique, nationale ou raciale. 
 
2) En plus, les articles 24, 32 et 33 de la loi française (adoptée le 29 juillet 1881) concernant la liberté de presse interdisent aux individus l'incitation à la discrimination, à la haine, ou à l'atteinte contre le corps et la personne des individus ou des groupes en raison de leur appartenance ou non-appartenance, réelle ou fantaisiste, à une ethnie, une nation, une race ou une religion. Ces actes seront punis de l'emprisonnement, d'une amende et la suspension de certains droits civils. 
 
3) Ces dispositions mises à part, selon '' la loi de la lutte contre le racisme'' adoptée en 1972, le gouvernement français interdit l'activité des groupes promulguant le racisme. 
 
4) En outre, la loi contre les discours haineux sur internet (adoptée le 13 mai 2020) interdit la publication du contenu haineux sur le réseau. 
 
Pourtant,  nous pouvons constater que non seulement les discours haineux et les attaques constantes de Charlie Hebdo contre l'Islam, les musulmans et le Saint Prophète, enfreignant les lois susmentionnées, ne font pas l'objet d'une poursuite juridique, mais qu'ils sont aussi considérés, à tort et de par partialité, comme une manifestation de la liberté d'expression. Par contre, toute sorte de soutien porté à la population réprimée de la Palestine et toute tentative de condamnation de l'apartheid sioniste ou de mise en question des pays du monde qui soutiennent les effroyables crimes de ce régime infanticidaire est tout de suite poursuivie par la loi et condamnée de façon la plus violente. 
 
D'un côté, nous pouvons constater qu'insulter le judaïsme et les juifs dont la population ne constitue que 600, 000 personnes en France et 15 millions de personnes dans le monde est considéré comme illicite et constitue une infraction au code civil et pénal, d'ailleurs pour éviter de mettre l'Holocauste en question, la France a prévu la Loi Gayssot (adoptée en juillet 1990). De l'autre côté, on voit que l'islam qui est la dernière religion divine et son Saint Prophète, le dernier des prophètes divins, avec une communauté constituée de deux milliards de musulmans est victime de toutes sortes d'insultes, de discrimination et de terreur, ses adeptes sont sous la pression de l'islamophobie et menacés de guerre et de massacre et qu’aucun de ces actes n'évoque la réaction, même apparente, du gouvernement français. Bien évidemment, l'islam et ses véritables adeptes condamnent toute sorte d'insulte portée aux religions en général, et aux valeurs des nations en particulier et portent un regard semblable au christianisme, au judaïsme et à l'islam.  
 
Le regard eurocentrique et égocentrique de la France est à l'origine de la collusion historique et répressive des pays colonisateurs, aussi bien en Europe, avec sa sombre histoire entravée des crimes effroyables, qu'en Afrique opprimée sous l'apartheid raciste ou dans les territoires occupés par l'apartheid ethnique des Sionistes.      
 
Il parait que la France d'aujourd'hui, n'a pas appris de son passé colonial plein d'échecs et du destin honteux des autres pays agresseurs et qu'elle est de nouveau tombée dans le piège de ses anciennes méthodes désagréables, sombres et haineuses qui risque d'engendrer de nouvelles catastrophes humaines. Or, l'analyse des courants actuels et les réactions en cours renforce l'hypothèse selon laquelle le gouvernement français fait exprès de continuer ses comportements indus afin de provoquer les réactions de vengeance qu'il compte utiliser pour justifier la répression encore plus intense des minorités religieuses, raciales et spirituelles. Néanmoins, les gouvernements comme celui de la France devrait être conscients du danger de leurs mesures renforçant l'hostilité. Ces mesures peuvent préparer le terrain à de grands dégâts sur l'échelle mondiale au 21ème siècle. 
 
Finalement, nous tenons à insister sur le fait que nous distinguons aujourd'hui le peuple français et les partisans de la justice dans ce pays des autorités, et nous estimons que ceux qui veulent du bien à la France  devraient tenter d'améliorer cette situation et d'empêcher toute sorte de discrimination sociale systématique contre les musulmans réprimés de la France et de ne pas permettre que la compétition pour le pouvoir devienne une source de l'expansion de l'oppression et d'un comportement injuste contre les musulmans de la France, ce qui rappellerait encore une fois au monde, le passé colonial de ce pays.  
 
En informant tous les penseurs, intellectuels et les personnes libre d'esprit, nous tenons à mettre en garde le gouvernement français contre le fait qu'il serait le seul responsable du catastrophe qui risque de nous toucher tous et dont les conséquences dépasserait certainement le cadre d'une religion, une race ou une ethnie. Nous lui demandons ainsi de présenter ses excuses au Saint Prophète de l'islam, de fermer les journaux qui propagent un discours haineux et de poursuivre les responsables des actes de sacrilège et de les condamner aux peines prévues par la loi.
 
Honorables chefs religieux, élites, intellectuelles et citoyens du monde, 
Nous, les auteurs de cette lettre, pensons qu'une attention portée aux erreurs radicales commises dans le passé par la France et à son extrémisme idéologique constitue un important point de départ permettant à des intellectuels du monde et au peuple libre de la France de pouvoir laisser derrière eux les crises et les conflits actuels et même y remédier.    
 
Nous demandons de la Haute Commissariat des Nations Unies, ainsi qu'au Secrétariat Général des Nations Unis et la Cour de Lahey de réagir, comme il faut, aux mesures qui conduisent à la propagation de la haine et à la violation des droits de l'homme dont la plus basique constitue le respect des valeurs culturelles et sociales des hommes et d'adoption des lois empêchant l'atteinte aux prophètes, aux religions divines et à leurs adeptes.
 
Nous invitons également les chefs religieux du monde, en particulier les mondes musulman, chrétien et juif, de s'unir entre eux et s'opposer aux conflits actuels entre les différentes religions, races et ethnies qui conduisent à l'oppression et à la pratique de l'injustice et élargissement du cercle de la haine. Nous leur demandons aussi de ne pas permettre aux racistes et aux extrémistes de violer les droits de l'homme. 
 
Nous conseillons également au président français, M. Macron, de prendre des mesures contre les atteintes au Saint Prophète de l'Islam dans cette période de la pandémie du Covid-19 qui a entraîné la mort d'un grand nombre de personnes, a mise en danger de la vie ordinaire des gens et provoqué l'angoisse générale. Nous lui demandons de ne pas rajouter à l'inquiétude de la population en faisant descendre 7000 policiers armés dans les rues, car le virus de la haine-20, pourrait aggraver les crises sociales autant que le virus pandémique de Covid-19.
Avec l'expression de nos salutations les plus respectueuses
 
Signataires :
Matran Ataollah Hana, chef de l’église orthodoxe de Jérusalem
Sayed Abdulqadir Bahjat Alaloussi, chef du conseil des oulémas de l’Union Mohammadienne de l’Irak
Fawzi Alaoui chef du centre des études philosophiques et des sciences humaines Masarat et professeur de l’université Zitouna de Tunisie
Le docteur Emad Afrough, professeur d’université en Iran
Moubaraka al Brahimi, membre de la direction du Front Populaire tunisien et ancienne députée du parlement
Le cheikh Abdullah Jabri, secrétaire général du Mouvement Oumma au Liban
L’ayatollah Alireza Arafi, directeur des écoles théologiques iraniennes
L’hojat ol islam val muslimin docteur Saïd Reza Améli, secrétaire du haut conseil de la révolution culturelle en Iran
L’hojat ol islam val muslimin Hamid Chahriari secrétaire général du Conseil Mondial pour le rapprochement des écoles islamiques
Le docteur Abouzar Ebrahimi Torkaman chef de l’organisation iranienne de la culture et des relations islamiques
Le cheikh Zahir al Joeyd, coordinateur du Front pour l’Action Islamique au Liban
L’ayatollah Reza Ramézani, secrétaire général du Conseil Mondiale des Ahl el Beyt (as)
Monseigneur Antwan Zou, secrétaire général de la commission pour le dialogue islamo chrétien au Liban
 
 
L’hojat ol islam val muslimin docteur Hamid Parsaniya membre du haut conseil iranien pour la révolution culturelle
Le cheikh Ahmad Qabalan mufti jaafarite du Liban
 
 
Le docteur Masoud Chajareh, directeur de la commission des droits de l’homme islamiques
 
Le docteur Hossein Katchouiyan professeur de l’université de Téhéran et membre du haut conseil pour la révolution culturelle
 
L’Allameh cheikh Hassan Baghdadi, membre du conseil central du Hezbollah libanais
 
Le cheikh Khaled Abdul Wahab al Molla chef de l’Union des Oulémas irakiens
Sando Hira, directeur de la chaîne internationale Décolonial 
Imam Mohammad al Assi, imam du centre islamique de Washington
 
Le docteur Sameh Yah, chef de l’Association des Juifs de Téhéran et député au parlement iranien

L’Archevêque Davidian, chef de l’église catholique de Téhéran


L’Archevêque Siboh Serkissian, chef des Arméniens de Téhéran et du Nord de l’Iran


Le docteur Khorchidian, chef de l’Association des Zoroastriens de Téhéran


Le docteur Hamami Lalehzar, chef religieux des juifs de l’Iran

Le Père Vania Serkis, chef des Caldanéens Ashouri catholiques de Téhéran


Seigneur Marnesay Banjamin, chef de l’église orientale Ashouri de l’Iran


Mohyeddin Abdol Qader chef de l’Institut Citizen International

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