10:53 - November 25, 2020
Code de l'info: 3474903
Téhéran(IQNA)-L'Arabie saoudite sollicite l'attention du nouveau dirigeant américain qui a promis de mettre fin à son soutien à la guerre au Yémen et de punir les violations des droits de l'homme. 

Comme Biden, le président élu, l'a déclaré l'année dernière : « Il est temps d'instaurer un équilibre et de respecter nos valeurs dans nos relations avec le Moyen-Orient. Les États-Unis ne sacrifieront jamais leurs principes à l'achat d'armes ou de pétrole ».
 
Les récentes remarques du ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, sur d'éventuelles discussions entre l'Iran et les États-Unis, et sur le fait que son pays devrait participer à tout accord éventuel entre Washington et Téhéran, montrent que les relations Riyad-Washington sont entrées dans une nouvelle phase qui n’aura pas la chaleur des relations précédentes.
 
Le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré à la CNBC : « L'Arabie saoudite cherche à s'associer avec les États-Unis sur un éventuel nouvel accord avec l'Iran, un accord qui non seulement limitera les activités nucléaires de l'Iran, mais dénoncera ses activités dans la région. Cet accord pourrait être un JCPOA+ où les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, France, Russie, Grande-Bretagne et États-Unis + Allemagne) tenteront de limiter le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions ». 
 
Le New York Times, dans un article de Ben Hubbard, faisant référence au manque de réponse de Washington et de l'administration de Donald Trump au comportement de Riyad au Moyen-Orient, en particulier sur les questions de droits de l'homme, a écrit : « Au cours des quatre dernières années, les étroites relations de Trump avec l'Arabie saoudite ont encouragé le prince héritier, Bin Salman, à faire tout ce qu'il voulait sans être blâmé par la Maison Blanche. Les bombes saoudiennes tuent des civils au Yémen, des militants saoudiens vont en prison et des agents saoudiens démembrent l'écrivain de l'opposition saoudienne, Jamal Khashoggi, à Istanbul, sans saper l'engagement de Trump envers le gouvernement saoudien, partenaire des Etats-Unis contre l’Iran et acheteur majeur d'armes américaines. La différence de ton avec Biden est évidente, et le prince héritier saoudien devra peut-être admettre qu'il est peu probable qu'il soit accueilli à la Maison Blanche tant qu'il ne changera pas ses habitudes ».
بایدن و چالش تعدیل روابط گرم آمریکا با عربستان
Tamara Cofman Wittes, chercheuse au Centre de politique au Moyen Orient, a déclaré : « Il y a de nombreuses raisons de poursuivre cette relation - qui a une grande valeur pour les deux parties - mais sans suivre la méthode de ces quatre dernières années, qui a connu un certain nombre de violations des lois et des normes.  Biden sait qu’il a besoin de l'Arabie saoudite pour l’aider à soutenir la nouvelle stratégie avec l'Iran, stabiliser les marchés pétroliers ou aider à lancer des pourparlers de paix israélo-palestiniens. L'offre de l'Arabie saoudite de normaliser les relations avec Israël pourrait être un levier pour obtenir des concessions pour les Palestiniens et promouvoir le gouvernement saoudien à Washington, bien que les responsables saoudiens et israéliens aient déclaré qu'une telle mesure n'était pas imminente ».
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R. David Harden, auteur du site Web Hill, a souligné trois points dans sa note sur la reconsidération des relations saoudo-américaines.
 
Faisant référence au rôle de la Chine et de la Russie dans les relations étrangères saoudiennes, il a écrit : « Riyad doit équilibrer ses intérêts avec ceux de la Russie et de la Chine. L'administration de Biden devrait reconsidérer les relations américano-saoudiennes dans le cadre des droits de l'homme, de la gouvernance, des marchés libres et des préoccupations communes concernant la stabilité au Moyen-Orient. 
 
L'Arabie saoudite devrait normaliser ses relations avec Israël en suivant les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan qui est désireux d'établir des relations commerciales dans les domaines de l'agriculture, de la santé, de l'eau et de la technologie. 
 
Deuxièmement, le nouveau gouvernement de Biden devrait donner à l'Arabie saoudite une chance de se retirer de la guerre au Yémen, qui est coûteuse et épuisante pour le gouvernement saoudien qui n'a atteint aucun de ses objectifs stratégiques après ces années de guerre, alors que les milices houthies contrôlent 80% de la population, y compris la capitale Sanaa, et ont la capacité militaire d’attaquer le territoire saoudien en profondeur. 
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Troisièmement le gouvernement de Biden devrait encourager la monarchie saoudienne à traiter avec Israël, à mettre fin au conflit au Yémen et à accélérer les réformes internes au profit des Saoudiens, des Américains et du monde. Compte tenu de ces points de vue, il semble que Joe Biden poursuivra les relations stratégiques américaines avec l'Arabie saoudite. 
 
L'expérience du vice-président d'Obama et la froideur sans précédent des relations entre les deux pays, au cours des huit années de présidence américaine d’Obama, ont rendu Biden plus prudent à l'égard de l'Arabie saoudite et il est peu probable que les États-Unis ignorent leurs lourds accords commerciaux et d'armements avec l'Arabie saoudite, et que le mouvement qui a conduit à des accords commerciaux sans précédent entre les deux pays à l'époque de Trump, s’interrompe. 
 
La nouvelle de la visite de plusieurs heures de Netanyahu en Arabie saoudite, et sa rencontre avec Mohammed ben Salman, peuvent être considérées comme un feu vert de Riyad à Washington pour la normalisation de ses relations avec Israël, normalisation qui se poursuit malgré les nombreuses critiques des pays islamiques. En fait, cette nouvelle et sa publication sont un message du gouvernement saoudien aux États-Unis qui dit : « Soutenez-nous pour que nous soutenions vos alliés dans la région ». 
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