8:44 - September 09, 2021
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Téhéran(IQNA)-La cour d’appel de Paris a relaxé ce mercredi le polémiste, poursuivi pour «injure» et «provocation à la haine» après une diatribe islamophobe prononcée lors d’un rassemblement politique en 2019.

Eric Zemmour était poursuivi pour «injure» et «provocation à la haine» après une violente diatribe contre l’islam et l’immigration, prononcée en septembre 2019 lors d’un rassemblement politique à Paris. 

La cour d’appel de Paris a relaxé ce mercredi le polémiste Eric Zemmour, qui était poursuivi pour «injure» et «provocation à la haine» après une violente diatribe contre l’islam et l’immigration prononcée en septembre 2019 lors d’un rassemblement politique à Paris. En première instance, le chroniqueur de 63 ans, en pleine campagne médiatique de promotion de son nouveau livre conjuguée à des rumeurs d’ambitions présidentielles, avait été condamné pour ces propos à une peine de 10000 euros d’amende.

Son discours, qui avait ouvert la «Convention de la droite», une réunion organisée par des proches de Marion Maréchal-Le Pen, avait été retransmis en direct et dans son intégralité par la chaîne de télévision LCI, provoquant une polémique. Eric Zemmour affirmait notamment que «tous nos problèmes aggravés par l’immigration sont aggravés par l’islam». Il évoquait une «islamisation des rues», une «opération d’occupation» et une «extermination de l’homme blanc hétérosexuel catholique». Le polémiste y avait également décrit le voile et la djellaba comme «les uniformes d’une armée d’occupation». Le discours avait à l’époque été largement dénoncé dans la classe politique - le Premier ministre de l’époque, Edouard Philippe, avait jugé ces propos «nauséabonds» - et provoqué un âpre débat dans les médias pour lesquels il travaillait.


Dans les motivations de son arrêt, dont l’AFP a obtenu lecture, la cour d’appel a jugé que «aucun des propos poursuivis ne visent l’ensemble des Africains, des immigrés ou des musulmans mais uniquement des fractions de ces groupes». «Il n’est nullement justifié de propos visant un groupe de personnes dans son ensemble en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée», ajoute la cour, «d’où il suit que les infractions poursuivies ne sont pas constituées».

«Décision catastrophique»
«C’est une immense victoire», a affirmé à l’AFP l’avocat d’Eric Zemmour, Me Olivier Pardo, qui a accusé le parquet d’avoir «déformé» les propos de son client. Cette décision a à l’inverse estomaqué les associations antiracistes qui s’étaient constituées parties civiles. «Je suis sidérée, c’est une grosse déception», a réagi auprès de l’AFP une des avocates de la Maison des potes, Me Ambre Benitez. «C’est une décision catastrophique pour le débat public, cela autorise tous les excès racistes», a renchéri un autre, Me Jérôme Karsenti. L’association a annoncé son pourvoi en cassation.

En première instance, le tribunal correctionnel de Paris avait estimé en septembre 2020 que ces propos constituaient «une exhortation, tantôt implicite tantôt explicite, à la discrimination et à la haine à l’égard de la communauté musulmane et à sa religion». «Les opinions, même choquantes, doivent pouvoir s’exprimer, néanmoins les faits reprochés vont plus loin et outrepassent les limites de la liberté d’expression puisqu’il s’agit de propos injurieux envers une communauté et sa religion», avait ajouté la présidente de la 17e chambre correctionnelle.

Le polémiste était par ailleurs convoqué ce mercredi par le tribunal correctionnel de Paris pour «provocation à la haine raciale» et «injure raciale» pour des propos sur les mineurs isolés, qualifiés de «voleurs» et d’«assassins» en septembre 2020 sur CNews. Ce procès a été renvoyé au 17 novembre. Ces propos lui avaient valu d’être sanctionné par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en mars dernier, la chaîne écopant d’une amende de 200 000 euros.

liberation

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