Islamophobie : deux candidats du "Parti Québécois" exclus

7:45 - October 01, 2022
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Téhéran(IQNA)-Le Parti québécois (PQ) retire de son équipe deux candidats qui ont tenu au cours des années des propos attaquant l’intelligence des femmes qui portent le voile et associant l’islam au déclin de la démocratie.

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, en a fait l’annonce vendredi depuis Tadoussac, après avoir donné l’occasion à Pierre Vanier, candidat dans Rousseau, et à Catherine Provost, candidate dans L’Assomption, de donner leur « version des faits ». « J’ai dû tracer une ligne », a dit le chef péquiste vendredi.

Dans des publications dénichées par Le Journal de Québec, M. Vanier a dit des femmes qui portent le voile qu’elles « manquent un 15 minutes de pas cuit dans la caboche ». « L’islam, c’est l’islam partout. C’est la même religion, les mêmes lois, et les mêmes buts. Dominer et écraser les infidèles », écrivait-il dans une publication en 2015. Le candidat dans Rousseau a aussi laissé entendre que les musulmans menaçaient d’éteindre les valeurs démocratiques. « Donnez un marteau à un souverainiste, il se bâtira un pays. Donnez un marteau à un musulman, il tuera la démocratie. Donnez un marteau à un idiot utile, il le donnera au musulman », peut-on lire sur son profil Facebook.
 
Conjointe de M. Vanier, Mme Provost a tenu des propos « identiques ou presque », a dit Paul St-Pierre Plamondon au moment où il les excluait de son équipe.
 
Selon « PSPP », ces publications sont « absolument incompatibles » avec les valeurs du parti. « Pour nous, de tels propos sont complètement inacceptables. Je m’en dissocie complètement. Ce n’est pas ma campagne, ce n’est pas mon Parti québécois », a affirmé le chef du PQ.
 
Il reproche à son équipe d’avoir laissé passer sous son radar les textes de M. Vanier. « Moi, évidemment, je n’en avais aucune connaissance, et j’ai beaucoup de difficulté à comprendre qu’on n’ait pas eu cette information-là, a-t-il dit. Je ne cacherai pas une forme de colère de mon côté. »
 
Paul St-Pierre Plamondon n’a pas demandé à Mme Provost et à M. Vanier de retirer leur candidature auprès du Directeur général des élections du Québec (DGEQ). Ils ont donc choisi de se présenter comme indépendants. Or, comme il est trop tard pour modifier les bulletins de vote, les mots « Parti québécois » apparaîtront à côté de leurs noms lundi. Et les sommes accordées aux partis pour leur part du suffrage seront versées au parti, a confirmé le DGEQ en fin d’après-midi.
 
M. Vanier et Mme Provost sont les troisième et quatrième candidats péquistes de la campagne à se retrouver dans l’embarras pour des publications diffusées par le passé sur Internet. Jusqu’ici, M. St-Pierre Plamondon avait défendu deux de ses candidates, Lyne Jubinville et Suzanne Gagnon, qui avaient tenu des propos controversés sur l’islam, l’immigration et les minorités visibles.
 
Vendredi, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, avait mis au défi le chef péquiste de prouver que ces nouveaux cas sont des exceptions à la règle. « Est-ce que ça fait partie du projet pour le Québec de M. Plamondon de taper comme ça sur certains Québécois, certaines Québécoises juste à cause de la religion qu’ils pratiquent ? » a-t-il demandé depuis la circonscription montréalaise de Verdun.
 
Quelques heures plus tard, il s’est dit surpris de la décision de Paul St-Pierre Plamondon de ne pas leur demander de retirer officiellement leur candidature.
 
« Le leadership, c’est dire clairement qui on veut dans son équipe et qui on ne veut pas dans son équipe », a dit M. Nadeau-Dubois, qui a dû demander à sa candidate Marie-Ève Rancourt de quitter la course électorale en début de semaine parce qu’elle avait été filmée alors qu’elle volait un dépliant aux couleurs péquistes dans une boîte aux lettres de sa circonscription. « Dire “je ne les veux pas, mais je prends leur vote”, c’est incohérent. »
 
Paul St-Pierre Plamondon se défend d’avoir manqué de leadership en ne demandant pas à ses ex-candidats de faire un trait sur la campagne. « Je vais le plus loin que je peux dans les pouvoirs qui me sont accordés. […] Puis [ils ont] un argument que j’entends, à savoir que si quelqu’un a fait une erreur par le passé et le regrette, cette personne-là veut être évaluée sur l’ensemble de sa personne, de ses propos et de sa campagne. Mais ça ne sera pas au sein du Parti québécois », a-t-il indiqué.
 ledevoir

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