
Elle a fait référence à l’expérience du retrait unilatéral des États‑Unis de l’accord nucléaire de 2015, estimant que l’absence d’experts techniques au sein de l’équipe de négociation américaine pourrait conduire à l’échec des pourparlers.
Mogherini a également évoqué l’insuffisance de la composition de la délégation américaine et a qualifié d’erronée l’approche de pression économique et militaire adoptée par Washington, considérant que cette méthode ne peut pas inciter l’Iran à accorder davantage de concessions.
L’ancienne responsable de la politique étrangère de l’Union européenne a critiqué la composition de l’équipe de négociation américaine, affirmant que les pourparlers nucléaires avec l’Iran ne peuvent aboutir sans la présence d’experts techniques.
Elle a déclaré : « Les négociations nucléaires avec l’Iran doivent inclure des spécialistes du nucléaire au sein de l’équipe de négociation. À l’époque, nous avions dans notre équipe à la fois des experts nucléaires et des spécialistes des sanctions. Il en allait de même pour l’équipe américaine. »
Mogherini, évoquant l’expérience des négociations ayant conduit au JCPOA, a ajouté : « Ce sont les experts nucléaires qui négociaient les détails techniques, non seulement pour parvenir à un accord mais aussi pour le mettre en œuvre. En effet, si un accord est conclu, il doit être appliqué, et son application nécessite un soutien technique considérable. »
Elle a poursuivi : « Penser que l’on puisse parvenir à un accord – ou même à un accord plus complet – sans expertise nucléaire technique au sein des négociations avec l’Iran, n’est pas réaliste et relève d’une grande naïveté. »
Selon l’ancienne cheffe de la diplomatie européenne, la composition de la délégation américaine n’est pas suffisante pour parvenir à un accord avec l’Iran. Elle a déclaré : « Même si les équipes restent réduites, il faut garder à l’esprit que du côté iranien, l’équipe de haut niveau dispose d’une expertise nucléaire solide. L’actuel ministre iranien des Affaires étrangères a participé aux négociations de 2015 et maîtrise parfaitement ce dossier. »
Elle a ajouté : « Ainsi, même si les équipes se limitent à trois ou quatre personnes, la partie iranienne possède une supériorité technique par rapport à la partie américaine. Il ne faut pas non plus oublier que, comme l’ont justement rappelé les Européens, l’expertise américaine seule ne suffit pas dans ce domaine. En conséquence, l’équipe américaine est très limitée. »
L’ancienne responsable de la diplomatie européenne a également mis en question l’approche de Washington vis‑à‑vis de Téhéran et a déclaré : « La méthode américaine dans ces négociations est totalement erronée. L’idée de ce gouvernement est que plus la pression militaire ou économique exercée sur l’Iran est forte, plus l’Iran fera de concessions. Je ne pense pas que cette approche soit efficace. »
Il convient de rappeler que l’accord du JCPOA, conclu en 2015, a été obtenu après de longues négociations entre l’Iran et le groupe 5+1, et que Mogherini avait alors joué le rôle de coordinatrice des pourparlers.
Après la signature de l’accord, l’Iran a respecté l’ensemble de ses engagements, mais les États‑Unis s’en sont retirés unilatéralement en 2018, et l’Europe n’a pas non plus été en mesure d’honorer ses obligations. En conséquence, l’Iran a pris des mesures de réduction de ses engagements dans le cadre des droits prévus par l’accord.
Les négociations visant à relancer le JCPOA en 2021 et 2022 n’ont pas abouti en raison de l’hésitation et des demandes excessives des États‑Unis, et avec l’expiration de la résolution 2231 qui endossait l'accord historique de 2015, la durée de vie de dix ans du JCPOA a également pris fin.
Néanmoins, en tant que membre du Traité de non‑prolifération (TNP) et de l’Accord de garanties globales, l’Iran poursuit ses contacts techniques avec l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et a toujours affirmé être prêt à parvenir à un accord durable et fiable garantissant la levée effective des sanctions et empêchant tout abus futur.
irna