
Selon al-Kafeel, ces affirmations, souvent répétées dans certains médias ou discours idéologiques, ont contribué à créer des incompréhensions au sein du monde islamique. C’est dans ce contexte qu’est né le projet du « Mushaf de Najaf », une édition du Coran réalisée en Irak sous la supervision de l’Institution sacrée abbasside de Karbala.
Ce projet, dévoilé officiellement en 2026 à Najaf, représente bien plus qu’une simple publication religieuse. Il constitue une réponse culturelle, scientifique et artistique à ces accusations. Le Mushaf de Najaf affirme clairement que les chiites partagent le même Coran que l’ensemble des musulmans et qu’ils participent pleinement à la préservation du texte sacré.
Grâce à une production entièrement irakienne, ce projet marque également une renaissance culturelle pour l’Irak, longtemps dépendant des éditions étrangères du Coran.
Un Coran irakien comme réponse aux polémiques religieuses
Pendant des années, les mosquées et les centres religieux irakiens utilisaient principalement des exemplaires du Coran imprimés à Beyrouth, Médine ou dans d’autres pays musulmans. Bien que ces éditions soient largement reconnues, l’absence d’une production nationale symbolisait une certaine dépendance culturelle. Le projet du Mushaf de Najaf a donc été conçu pour offrir à l’Irak son propre exemplaire officiel du Coran, produit localement du début à la fin.
Cependant, l’objectif du projet dépasse largement la question de l’indépendance culturelle. Les responsables religieux irakiens ont expliqué que cette initiative avait aussi pour but de répondre concrètement aux accusations visant les chiites concernant le Coran. Certains groupes prétendent en effet que les chiites croient à un texte différent ou modifié. En publiant un Mushaf conforme à l’écriture ottomane classique utilisée dans tout le monde musulman, les autorités religieuses de Najaf ont voulu démontrer l’inexactitude de ces accusations.
Le responsable religieux Sayed Ahmad al-Safi a souligné que cette édition constitue une preuve tangible de l’attachement des chiites au texte coranique universel. Le Mushaf de Najaf respecte les mêmes règles de récitation, de calligraphie et de structure que les autres exemplaires reconnus dans les pays musulmans sunnites et chiites. Ainsi, le projet cherche à renforcer l’unité islamique en rappelant que le Coran demeure un patrimoine commun à tous les musulmans.
Cette démarche possède également une dimension symbolique importante. Najaf est l’un des plus grands centres religieux du chiisme et la ville de l’imam Ali. Produire un Coran dans cette ville représente donc une affirmation spirituelle forte. Les initiateurs du projet veulent montrer que les écoles chiites ne sont pas éloignées du Coran, mais qu’elles participent activement à sa préservation et à sa diffusion.
Enfin, ce Mushaf constitue une réponse pacifique aux tensions confessionnelles. Au lieu de répondre aux accusations par des discours polémiques, les responsables du projet ont choisi de produire une œuvre concrète, visible et accessible à tous. Cette stratégie culturelle et éducative apparaît comme un moyen plus efficace pour combattre les préjugés et encourager le dialogue entre les différentes communautés musulmanes.
Un chef-d’œuvre artistique et technologique au service du Coran
Le Mushaf de Najaf ne se distingue pas seulement par sa portée religieuse ; il représente également une réalisation artistique exceptionnelle. Les autorités de l’Institution abbasside ont accordé une attention particulière à chaque détail de sa conception. Le célèbre calligraphe irakien Abdul Hussein al-Rikabi a été choisi pour écrire le texte sacré. Considéré comme l’héritier de la grande école de calligraphie de Bagdad, il a travaillé pendant plusieurs années afin de produire une écriture élégante et fidèle à la tradition islamique.
La calligraphie utilisée dans ce Mushaf allie beauté esthétique et lisibilité. Chaque lettre a été soigneusement tracée pour respecter les règles classiques de l’écriture coranique. Ce travail artistique témoigne du rôle historique de l’Irak dans le développement des arts islamiques, notamment la calligraphie arabe. À travers cette œuvre, les concepteurs du projet souhaitent rappeler que l’Irak fut pendant des siècles un centre majeur du savoir et de la culture musulmane.
Le processus de vérification du texte a également été extrêmement rigoureux. Des spécialistes du Coran, des lecteurs professionnels et des savants religieux ont contrôlé chaque mot, chaque signe de ponctuation et chaque règle de récitation. L’objectif était de garantir une conformité totale avec le texte coranique reconnu dans tout le monde musulman. Cette supervision scientifique donne au Mushaf de Najaf une grande crédibilité religieuse.
Le soutien du grand ayatollah Ali al-Sistani a renforcé encore davantage l’importance du projet. Le célèbre marja chiite a décrit cette édition comme un exemplaire authentique, exempt de toute modification ou altération. Cette approbation officielle possède une portée symbolique considérable, car elle répond directement aux accusations affirmant l’existence d’un « Coran chiite ».
Sur le plan technique, le projet a également utilisé des technologies modernes d’impression. Des papiers de haute qualité, des encres écologiques et des techniques sophistiquées de dorure ont été employés afin de produire un ouvrage répondant aux standards internationaux. Le Mushaf de Najaf devient ainsi un exemple de la rencontre entre tradition religieuse et innovation technologique.
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