L’évolution historique de la récitation coranique en Egypte au Salon international du livre d’Alexandrie

10:10 - July 15, 2026
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IQNA-Un séminaire sur la récitation du Coran en Egypte a été organisé à la Bibliothèque d’Alexandrie.

L’évolution historique de la récitation coranique en Egypte au Salon international du livre d’AlexandrieSelon le site al Masri al Youm, à l’occasion de la vingt-et-unième édition du Salon international du livre organisé par la Bibliothèque d’Alexandrie, un séminaire intitulé « La récitation du Coran en Égypte : entre âge d’or et déclin » a réuni chercheurs, écrivains et spécialistes afin d’examiner l’histoire de cette tradition emblématique. Cet événement culturel a mis en lumière le rôle majeur de la récitation coranique dans la construction de l’identité culturelle égyptienne et les défis auxquels elle est confrontée à l’ère moderne.

Le séminaire était centré sur l’ouvrage de l’historien et chercheur Haitham Abou Zeid, intitulé La récitation du Coran en Égypte : récit de son rayonnement et des chemins de son déclin. L’auteur y retrace plusieurs siècles d’évolution de l’école égyptienne de récitation coranique, en analysant les facteurs qui ont favorisé son essor ainsi que les raisons ayant conduit à son affaiblissement progressif. Selon lui, cette tradition ne constitue pas seulement une pratique religieuse, mais également un patrimoine artistique et culturel qui a profondément marqué l’histoire de l’Égypte.

Au cours de la rencontre, animée par le journaliste Hassan Al-Chazli, il a été rappelé que les grands récitateurs égyptiens ont développé un style unique fondé sur une parfaite maîtrise des règles du tajwid (l’art de la récitation), l’utilisation des maqâms (modes musicaux orientaux) et une capacité exceptionnelle d’improvisation. Cette combinaison a permis à l’école égyptienne de devenir une référence mondiale, influençant des générations de récitateurs dans le monde musulman.

Haitham Abou Zeid a expliqué que son livre est le fruit de trente-huit années de recherches et d’écoute attentive des récitations et des chants religieux. Réparti en deux grandes parties et dix chapitres, l’ouvrage commence par retracer l’arrivée du Coran en Égypte à l’époque des conquêtes arabes, avant d’aborder l’apparition des premières éditions imprimées du texte sacré et l’évolution des pratiques de récitation.

L’auteur souligne également le rôle déterminant de la Radio égyptienne, créée en 1934. Grâce à un système rigoureux de sélection et d’évaluation des récitateurs, cette institution a largement contribué à l’émergence de l’âge d’or de la récitation coranique. C’est à cette période que se sont illustrées des figures prestigieuses telles que Cheikh Mohamed Rifaat, Abdel Fattah Chaachaï, Mostafa Ismaïl et surtout Abdel Basset Abdessamad, dont la voix a conquis le monde entier. Ayant effectué des tournées dans plus de cent pays, ce dernier est devenu l’un des symboles du rayonnement culturel de l’Égypte.

La seconde partie du livre s’intéresse aux causes du déclin de cette école prestigieuse. Selon Abou Zeid, ce processus a commencé au milieu des années 1950 avant de s’accélérer avec la diffusion massive des cassettes audio, puis avec l’apparition des plateformes numériques. Ces nouveaux moyens de diffusion permettent aujourd’hui à de nombreux récitateurs de publier leurs enregistrements sans passer par les critères de sélection artistique et technique qui garantissaient autrefois l’excellence de cette tradition.

L’écrivain Nasser Iraq a, pour sa part, insisté sur le fait que la récitation coranique dépasse largement le cadre religieux. Elle constitue une composante essentielle de la mémoire collective, de la culture et même de l’histoire politique de l’Égypte. Il a proposé que le livre de Haitham Abou Zeid soit étudié non seulement dans les départements de littérature et d’arts, mais également dans les facultés de médecine et d’ingénierie, afin de faire découvrir aux étudiants la richesse du patrimoine culturel égyptien.

Le séminaire s’est conclu en rappelant que la récitation coranique égyptienne demeure une école artistique complète, fondée sur la maîtrise technique, la sensibilité musicale et la créativité. Malgré les mutations technologiques et les difficultés actuelles, elle continue de représenter l’un des piliers de l’identité culturelle de l’Égypte ainsi qu’un instrument majeur de son influence culturelle à travers le monde.

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