Centrafrique : massacre de musulmans, représailles, et début d’une intervention militaire

8:44 - December 09, 2013
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Bangui(IQNA)- Depuis quelques jours, les tensions en Centrafrique se sont intensifiées et des civils, essentiellement musulmans ont été tués par des milices.


Depuis quelques jours, les tensions en Centrafrique se sont intensifiées.  Alors que le pays traverse une grave instabilité politique, les violences sont montées d’un cran.

Dans la nuit du 2 décembre des civils, essentiellement musulmans, et dont des femmes et des enfants ont été tués par des milices. Le chaos s’installe et les représailles meurtrières ne se sont pas faites attendre.

Face à cette situation alarmante, l’ONU a voté une résolution pour envoyer des troupes armées.



Bref rappel du conflit centrafricain



Après que Michel Djotodia, devienne le Premier Président musulman dirigeant du pays suite au coup d’Etat contre le Général François Bozizé le 24 mars dernier, des tensions ont éclaté.



Le nouveau Président, tout comme le précédent, n’est pas parvenu à rassembler sous son autorité l’ensemble de la population. La Séléka, composée de plusieurs mouvements politiques opposés à François Bozizé, s’est divisée officiellement en septembre dernier. En l’absence d’unité, des exactions contre les civils se sont alors multipliées. Razzias, massacres, tueries, l’anarchie s’installe progressivement dans le pays. Des milices se sont créées et se sont armées afin de semer la terreur dans les villages, semant la panique, tuant, violant, et pillant en toute impunité.

En plus des raisons politiques et de la soif de pouvoir, s’ajoute à cela une dimension religieuse. En effet, les membres du Séléka sont essentiellement musulmans, alors que les anti Balaka, qui avaient été formés par l’ex-Président Bozizé, sont chrétiens, et s’en sont pris aux populations musulmanes dans la nuit du lundi au mardi.



Massacres de musulmans et représailles



Dans la nuit du lundi au mardi 3 décembre, une vingtaine de personnes de l’ethnie peule, dont 10 enfants ont été tués au nord de Bangui, par des milices chrétiennes, les anti-Balaka.



Les attaques auraient été commises par les anti-Balaka, milices opposées au nouveau gouverneur. L’attaque s’est déroulée au nord de la capitale, à Boali.



Une femme enceinte a été éventrée, et des enfants ont été tailladés à coup de machette. Le plus âgé d’entre eux n’avait que 11 ans. D’autres personnes dont une dizaine d’enfants ont été blessés, et hospitalisés pour des blessures profondes.



Depuis, le couvre feu a été instauré, laissant place à un climat de peur  dans la ville. Beaucoup parlent de vengeance à venir suite aux massacres et ont brandi des armes dans les rues. Jeudi soir, la capitale a connu de nouveau une vague de violences. Des membres du Séléka se sont vengés. Selon le Premier Ministre, il y aurait au moins 1 000 morts.

Médecins Sans Frontières a recensé près de 92 morts et 155 blessés rien que dans un seul hôpital de la capitale et ce, en deux jours.



Les tueries se sont poursuivies dans la nuit du jeudi au vendredi, augmentant le nombre de victimes qui demeure par conséquent incertain.



Pour mettre fin à ces horribles crimes, la communauté internationale avec en chef de file la France tente de trouver une solution avant que le pays ne sombre totalement dans une terrible guerre civile.



Feu vert des Nations Unies et envoi de militaires



Le Conseil des Nations Unies a adopté une résolution en fin de semaine. Ce texte proposé par la France prévoit le déploiement d’une force africaine, et des forces françaises, la Misca.



Jeudi 5 décembre, le Président François Hollande a annoncé une action militaire immédiate après le vote de l’ONU. L’opération « Sangaris » a débuté vendredi et a pour objectif de rétablir l’ordre et la sécurité dans le pays, notamment dans la capitale. La résolution prévoit également un embargo sur les armes.

D’après des témoignages recueillis auprès d’habitants, cette intervention était attendue par les centrafricains. Des habitants, dépassés, terrifiés, souhaitent que la France et la communauté internationale puissent désarmer les deux camps, les Sélékas, et les anti-Balaka pour rétablir la sécurité et la paix tant attendue.



Source: ajib

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