Tête de porc devant une mosquée : Une délégation mahoraise reçue par Valls

15:49 - February 05, 2014
Code de l'info: 1371301
Paris(IQNA)- Une délégation des musulmans de Mayotte, venue dans l’Hexagone pour une semaine, a témoigné de sa "colère contenue", à la suite de la profanation de la mosquée de Dzaoudzi Labattoir pendant la nuit du Nouvel An.

Trois personnes - un gendarme et son épouse, ainsi que la femme d’un autre militaire - avaient été interpellées après avoir déposé une tête de porc devant l’édifice religieux, l’une des 600 mosquées que compte l’archipel, dont 95% de la population est musulmane.

Dans un point de presse, hier à Paris, la délégation, conduite notamment par le Grand Cadi de Mayotte Bacar Nourdine et le représentant de la mosquée profanée Djoumoi Ahmed, ont tenu à "faire part au plan national de cet acte ignoble qui a choqué les populations, quelles que soient leur religion".

"Toute la population a exprimé sa colère à travers deux manifestations spontanées qui ont réuni des milliers de personnes", a déclaré Me Saïd Larifou, conseiller juridique. "Ce qui peut paraître banal en France, est d’une extrême gravité à Mayotte qui vit dans la tolérance et la paix."

Reçue au ministère de l’Intérieur où "Manuel Valls a condamné cet acte et réitèrera ses propos lorsqu’il viendra à Mayotte en avril", les représentants musulmans ont également été accueillis à la Conférence des évêques de France qui leur a "spontanément accordé son soutien" et devait rencontrer le président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Ils se rendront à Strasbourg afin de s’entretenir avec des membres du Parlement européen.

Le procès des trois prévenus qui se trouvent désormais en métropole doit avoir lieu à Mayotte, le 26 février, mais "les Mahorais craignent qu’ils n’y assistent pas, alors que leur présence serait considérée comme un geste d’apaisement", selon Me Larifou. "C’est une chose que de recevoir une sanction administrative, un blâme, c’en est une autre que de regretter ses fautes à l’audience."

"Nous sommes en colère, mais dans une colère contenue, a-t-il ajouté. La non-présence des prévenus constituerait quelque chose de dangereux."


Source : clicanoo

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