Suisse : l’UDC souhaite interdire le hijab à l’école

9:21 - March 29, 2014
Code de l'info: 1389646
Berne(IQNA)- Après une initiative contre la construction de minarets et une initiative anti-immigration toutes deux votées, la Suisse est au tour d’une initiative contre le port du voile à l’école dans le canton du Valais qui est proposée par l’UDC (Union Démocratique du Centre).

C’est désormais prouvé, la Suisse n’est plus à l’abri des dérives laïcardes sectaires de sa voisine la France. Après une initiative contre la construction de minarets et une initiative anti-immigration toutes deux votées, c’est au tour d’une initiative contre le port du voile à l’école dans le canton du Valais qui est proposée par l’UDC (Union Démocratique du Centre).

Canton plutôt rural et de tradition catholique, le parti d’extrême-droite y trouve malheureusement un écho particulier. C’est donc après avoir essayé de faire passer ce projet de loi au niveau du Grand Conseil, qui l’a refusé, que le parti s’est résolu à un niveau cantonal seulement grâce au Tribunal Fédéral qui l’a accepté.

Le député UDC Jean-Luc Addor explique que la motion a été très bien accueillie par une majorité de députés valaisans : « on a recueilli des soutiens tout de même relativement importants, de la part de certains éléments du PDC en particulier » (Parti Démocrate Chrétien).

Jean-Luc Addor parle d’une « islamisation plus ou moins rampante de l’Europe, de la Suisse, et aussi du Valais » avant d’ajouter « C’est une question pour nous de défense de notre civilisation et de notre identité chrétienne ».

Comme l’expliquait le statisticien et porte-parole du Collectif Contre l’Islamophobie en France Marwan Muhammad, la paranoïa islamophobe consiste entre autre à considérer l’Islam et plus précisément la Oumma comme une sorte de corps homogène, une sorte de fluide dangereux se répandant et difficile à enrayer.

Le fait de désigner les musulmans comme un ennemi commun, dont les premiers soldats seraient les jeunes étudiantes musulmanes, en se basant sur des thèses civilisationnelles et idéologiquement proches du racisme qui gangrène l’Occident depuis des lustres, devrait être puni par la loi. Pourtant, ces insinuations putrides sont tout à fait d’actualité.

Le Tribunal Fédéral avait estimé en 2013 que « seule une loi votée par un parlement cantonal peut prévoir une telle restriction de la liberté religieuse des élèves », donnant ainsi un certain tremplin à toutes les volontés malsaines d’esprits islamophobes et malades.

N’hésitant pas à s’en prendre à la liberté d’accéder à l’éducation et la liberté religieuses toutes deux inscrites dans la Constitution, c’est une fois encore la femme qui est visée par des attaques sexistes et paternalistes à son encontre.
 

Source: ajib

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