
Aussi, depuis les attaques “anti-mosquée” au fenua, les membres de l’association du Centre islamique de Tahiti (CIT) se sont faits discrets. S’ils prônent dans leurs déclarations la “plus grande transparence”, ils sont las des attaques et préfèrent attendre la fin du mois pour communiquer sur leurs activités en Polynésie française. En attendant, l’association du 11 rue Paul Gauguin ne reste pas inactive pour autant. Et sur un réseau social, le CIT annonce depuis la semaine dernière la mise en place de 300 boîtes à Paris afin de recevoir des dons pour la construction de la “grande mosquée de Tahiti.” Des urnes ont également été mises à disposition pour récolter des fonds auprès des adhérents des autres centres métropolitains. Par exemple, dans les villes de Lyon, Chambéry, Montélimar, Marseille, Fréjus ou encore Nice. À Tahiti, les membres du bureau ne souhaitent pas pour l’instant communiquer. Ils assurent juste qu’effectivement, un appel de fonds de l’extérieur a été fait. Sans plus.
En effet, depuis décembre dernier, le CIT se veut très prudent. Ses membres expliquent “ne pas vouloir jeter de l’huile sur le feu.”
Ils disent préférer, en premier lieu, se concerter avec les services de l’État, c’est-à-dire la Direction de la réglementation et du contrôle de la légalité (DRCL), ainsi qu’avec le Pays et les différentes confessions religieuses. Néanmoins, comme dans la majorité des communautés religieuses en Polynésie, ils font appel à leurs adhérents ou sympathisants pour obtenir des dons.
Outre les urnes mises à dispositions en métropole, le CIT vient de mettre en ligne son site Internet : www.centreislamiquetahiti.com. Il présente l’islam au fenua ainsi que les projets du Centre. On peut y lire : “Le Centre islamique de Tahiti œuvre activement afin de permettre aux musulmans de vivre complètement leur foi. Nous avons déjà distribué des centaines d’exemplaires du noble Coran, et autres documentations religieuses. (…) Le CIT œuvre ainsi à la construction de la première mosquée en tant qu’édifice, mais également fournir la population en documentation, suivre les nouveaux convertis dans leur apprentissage, fournir aux musulmans polynésiens le premier cimetière musulman, inexistant jusqu’à aujourd’hui.”
Le projet de construction d’une mosquée suit son cours. Quant à la commune de Papeete, elle campe sur ses positions : “Aujourd’hui, l’activité du culte a été mise entre parenthèses. L’association de l’imam Hicham el-Berkani n’a pas réuni toutes les autorisations nécessaires pour recevoir du public. Elle ne doit normalement recevoir personne dans ce qu’ils appellent mosquée. Pour l’instant, nos muto’i n’arrivent absolument pas à savoir ce qui se passe à l’intérieur.”
Rappelons que le 15 octobre dernier devait avoir lieu l’ouverture de la première mosquée. L’annonce avait déclenché de très vives réactions, notamment sur Internet et dans les rues de Papeete où des commentaires à caractères injurieux ont souvent fusé. La municipalité de Papeete avait, elle aussi, entamé un bras de fer avec l’association, sur le terrain administratif : l’association ne disposait pas des autorisations nécessaires pour exploiter les lieux en recevant du public. Aujourd’hui, les musulmans du fenua n’ont donc pas le droit de se rassembler dans la mosquée, mais l’association est toujours en activité. Par ailleurs, depuis fin mai, des corans ont été mis à la disposition des membres de l’association.
Source: ladepeche