
Le regroupement constate que les gestes haineux envers la communauté musulmane sont en hausse au Québec et demande au gouvernement d'agir.
Haroun Bouazzi, le porte-parole de l'Association, s'inquiète de la situation. En plus des incidents visant des mosquées de Québec, un lieu de culte musulman de Saint-Jean-sur-Richelieu - celui que fréquentait l'homme qui a tué l'adjudant Patrice Vincent - a été ciblé par un ou des vandales, dans la nuit de dimanche à lundi. La vitrine de l'immeuble a été fracassée.
Et ces incidents s'ajoutent à plusieurs autres, comme la profanation d'une mosquée à Saguenay avec du sang de porc il y a un an et l'attaque d'une épicerie halal à Sherbrooke en février dernier.
« Les communautés musulmanes ont besoin d'être rassurées, ont besoin de ne pas se sentir seules et se sentir faire partie de la nation québécoise », soutient Haroun Bouazzi.
Il sollicite une rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard pour discuter de la situation. Selon lui, les élus doivent « prendre leurs responsabilités ».
Philippe Couillard a réitéré son intention de rencontrer les leaders de la communauté musulmane, un engagement qu'il avait pris dans la foulée des attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et d'Ottawa.
Le premier ministre condamne ces gestes haineux. « Tout acte de violence ou d'agression sur des bases raciales ou religieuses est totalement inacceptable », déplore Philippe Couillard qui dit vouloir participer « à la recherche de solutions » avec la communauté musulmane.
La ministre de l'Immigration Kathleen Weil a souligné qu'elle lancera sous peu une consultation publique qui portera sur la diversité et l'inclusion. La question musulmane fera partie de cette démarche.
« Les gens sentent que le Québec est une société quand même ouverte et inclusive, mais comme toute société, il y a des risques, des barrières à défoncer, des mesures à prendre », souligne-t-elle.
Les policiers en renfort
AMAL-Québec demande également aux policiers d'enquêter sur les groupes islamophobes qui s'affichent sur les réseaux sociaux, comme Facebook.
« On pense que la situation est grave. Il y a des réseaux identitaires d'extrême droite, de la même manière qu'il y en a actuellement en France, qui sont dans un état embryonnaire et il faut absolument s'intéresser à ce phénomène pour le contrer avant qu'il soit trop tard », selon Haroun Bouazzi.
La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, invite les responsables des mosquées à rencontrer la direction de leur service de police pour s'assurer d'une bonne surveillance autour du bâtiment.
À Québec, le service de police confirme que les patrouilleurs porteront une attention spéciale aux abords des mosquées.
Par ailleurs, l'enquête sur les messages haineux apposés sur trois mosquées se poursuit. Les policiers n'ont toujours pas identifié les deux personnes que l'on voit en train d'installer des affiches sur la bande vidéo de la caméra de surveillance de la mosquée de la Capitale.
Radio-canada.ca