
L’interdiction décrétée par l’école et le DIP est jugée «excessive» par le tribunal. Selon le principe de liberté de croyance et de religion, la jeune fille a le droit de porter le hijab (qui ne couvre que les cheveux et non pas le visage). Le port du foulard, en soi, n’est pas vu comme un signe de soumission de la femme, souligne le tribunal. Par ailleurs, comme le prouve cette dernière année – la jeune fille a pu suivre les cours avec son foulard, le temps de la procédure – «le port du voile n’a pas nui à son intégration ni dérangé l’ordre du cours», constate le tribunal.
Le conflit en question remonte à la rentrée 2013, quand la fillette n’a pas été autorisée à intégrer sa classe de 6e primaire avec un foulard, la communauté scolaire ayant banni le port du voile dans un nouveau règlement interne.
Les parents originaires de Bosnie Herzegovine ont donc décidé de retirer leur fille des cours et de faire recours auprès du Département de l’instruction publique, avec l’appui du Conseil central islamique suisse (CCIS).
En mars 2014, le département dirigé par l’UDC Stefan Kölliker, partisan d’une interdiction totale du voile dans les écoles, avait donné raison à la commission scolaire. Et débouté les parents. Ces derniers ont fait alors appel au Tribunal administratif de Saint-Gall, toujours avec l’appui financier et logistique du CCIS.
Le sujet promet de faire des vagues fin novembre au sein du parlement saint-gallois. Plusieurs motions UDC et PDC-PEV, réclamant de légiférer sur le port du voile, sont à l’ordre du jour de la prochaine session, du 24 au 26 novembre. Et le Conseil d’Etat s’est dit prêt à intervenir.
Letemps.ch