Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP", la juge Gladys Kessler du tribunal fédéral de Washington, saisie en référé, a ordonné au gouvernement de livrer sa version des faits avant mercredi 17H00 (22H00 GMT), a précisé Me Richard Murphy.
Mohammed Bawazir, Yéménite détenu sans inculpation depuis 2002 sur la base américaine, a entamé une grève de la faim en août 2005, car il "préférait mourir plutôt que de rester à Guantanamo", comme quelques 200 prisonniers qui, à tour de rôle, ont refusé de se nourrir pour protester contre leur maintien en détention indéfinie et les conditions de détention.
Pour faire cesser ces grèves portant atteinte à l'image du camp très controversé, les autorités militaires ont récemment eu recours à de nouvelles méthodes.
Ainsi, auparavant, M. Bawazir était nourri par le biais d'un cathéter. Depuis le 11 janvier, un nouveau tube plus large est introduit jusqu'à l'estomac, dans lequel on fait passer de larges quantités de liquides ("quatre bouteilles d'eau") et d'aliments. Pendant ces séances, M. Bawazir était attaché à une chaise pendant environ deux heures. Une fois détaché, il n'avait pas immédiatement accès à des toilettes, l'amenant à faire ses besoins sur lui et à souffrir de crampes et de diarrhées.
"Le dossier médical de M. Bawazir indique que la douleur et l'humiliation (...) l'ont amené à abandonner provisoirement sa grève de la faim", dit la plainte.
Interrogée début février sur ces techniques d'alimentation forcée, la Maison Blanche a indiqué que les détenus étaient traités "humainement".
Le colonel Jeremy Martin, porte-parole de la base militaire cité par le New York Times début février, avait pour sa part expliqué que ces mesures étaient conduites de "manière humaine et compatisssante" à seule fin de sauver la vie des détenus.
Selon la défense du détenu, cette pratique relève au contraire d'une violation flagrante de la loi sur le traitement des prisonniers (Detainee treatment act) promulguée fin décembre et qui avait justement pour but d'interdire tout mauvais traitement.
"Quelques jours après avoir signé l'amendement McCain (introduisant cette loi, ndlr), l'administration Bush a procédé à certains des actes de torture les plus criants qui soient intervenus à Guantanamo", a dit mardi dans un communiqué Gitanjali Gutierrez l'un des avocats du Centre pour les droits constitutionnels (CCR), une ONG engagée dans la défense des libertés publiques.