Selon le rapport de l'Agence iranienne de presse coranique (IQNA) citant "AFP'',
le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja doit rendre public mardi 14 mars des initiatives destinées à renforcer "le dialogue entre les cultures" pendant la présidence finlandaise.
Au plus fort de la crise des caricatures, le chef de la diplomatie finlandaise avait adressé une lettre aux grands quotidiens arabes dans laquelle il prêchait la modération et la compréhension mutuelle.
"Blesser intentionnellement les sentiments religieux d'autrui est mal avisé et regrettable", avait-il déclaré.
La confrontation entre l'Europe, où les caricatures ont été abondamment publiées et débattues, et les pays musulmans, où les mêmes caricatures ont soulevé la colère de la rue , "rend d'autant plus urgent le besoin de renouer le dialogue au sein et entre les communautés de différentes confessions et leurs dirigeants", indiquait M. Tuomioja dans sa lettre datée du 13 février.
Il y annonçait que l'une des priorités de la présidence finlandaise consisterait à "rechercher un engagement fort avec le monde islamique".
"Au cours des dix dernières années, des étapes importantes ont été franchies dans la promotion du dialogue interculturel et religieux entre nos grandes civilisations. Notre véritable objectif devrait être de redresser la barre, de construire des ponts et d'interagir dans le respect mutuel", avait-il dit.
Selon Heidi Huuhtanen, spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut finlandais des affaires étrangères (UPI), la Finlande, pays non aligné qui n'a pas participé à la guerre en Irak, est dans une "position exceptionnelle" pour tenter de rapprocher les deux rives de la Méditerranée.
"Exceptionnelle non seulement parce qu'elle ne s'est pas compromise dans la polémique sur les caricatures mais aussi parce qu'elle n'a pas de passif colonial ou politique qui pourrait bloquer les pays arabes et ce bien que notre politique d'immigration soit l'une des plus verrouillées d'Europe", estime-t-elle.
Pour autant, croit-elle savoir, les ambitions finlandaises ne seront porteuses d'aucune initiative concrète.
Les structures d'échange, poursuit la chercheuse, existent et l'union n'a pas l'intention de leur en substituer de nouvelles: le processus de Barcelone (Euromed), la Politique européenne de voisinage (PEV) et l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), sans parler des relations diplomatiques bilatérales.
"Or, la crise des caricatures est une crise des rues (...). Ce que je souhaiterais voir, ce sont des initiatives pour financer des échanges scolaires et universitaires, des projets dans la culture et les médias", souligne Heidi Huuhtanen.
M. Tuomioja exposera ses projets lors d'un séminaire organisé par l'UPI sur le thème: "Construire le dialogue: au-delà des caricatures" auquel doivent notamment participer les ambassadeurs espagnol Máximo Cajal et turc Ali Yakital dont les pays ont conjointement lancée une initiative en faveur du dialogue, baptisée "alliance des civilisations".
Ce séminaire fait suite à la conférence qui s'est tenue vendredi 10 mars à Copenhague en présence d'influents dignitaires chrétiens et musulmans et de 50 jeunes du Moyen-Orient et du Danemark.