Liban, (IQNA)- Mottaki accuse Londres et Washington de complicité avec Israël

11:58 - August 01, 2006
Code de l'info: 1491051
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, est arrivé à Beyrouth, au moment où de plus en plus de signes montrent à quel point la crise libanaise semble liée à celle du nucléaire iranien.
Téhéran, qui a écopé hier d’une résolution du Conseil de sécurité lui donnant jusqu’au 31 août prochain pour arrêter l’enrichissement de l’uranium, faute de quoi il sera soumis à des sanctions internationales, avait d’ailleurs mis en évidence dimanche, par la voix du président Mahmoud Ahmadinejad, le lien qui existe entre la situation au Liban et à Gaza et le dossier du nucléaire.
Les propos diplomatiques tenus hier par le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, au sujet de la position « stabilisatrice » de l’Iran dans la région, sont venus constituer une preuve supplémentaire de ce rôle-clé de l’Iran, principal soutien politique et stratégique du Hezbollah, dans le conflit actuel. Et, dans la logique des choses, M. Douste-Blazy a différé son départ de Beyrouth pour pouvoir rencontrer le diplomate iranien tard en soirée au siège de l’ambassade iranienne.
Auparavant, M. Mottaki qui s’est entretenu avec son homologue libanais, Faouzi Salloukh, a accusé implicitement les États-Unis et la Grande-Bretagne de complicité avec Israël « dans son agression contre le Liban », et les Nations unies d’inaction.
« Tous ceux qui ont participé à torpiller les efforts internationaux en vue d’un cessez-le-feu sont des partenaires de l’ennemi sioniste dans les crimes horribles qu’il a commis au Liban », a affirmé M. Mottaki, en référence à Londres et Washington qui n’ont pas demandé de cessez-le-feu « immédiat » dans le conflit au Liban.
Le ministre iranien a ensuite critiqué l’inaction des Nations unies dans la crise.
« Si les organisations internationales avaient condamné fermement l’ennemi sioniste après le massacre de Cana en 1996, il n’aurait pas osé récidiver dix ans plus tard », a estimé M. Mottaki.
« Trois semaines après le déclenchement de l’agression israélienne, les organisations internationales, qui sont muettes et qui n’ont pas encore agi, doivent accomplir leur devoir », a-t-il dit.
Il a précisé que l’Iran appuierait tout projet ou proposition faisant l’unanimité entre les Libanais.
De son côté, M. Salloukh a annoncé que l’Iran allait apporter une aide humanitaire au Liban.
Au cours de son séjour à Beyrouth, M. Mottaki doit en principe rencontrer aujourd’hui le président de la République Émile Lahoud, le Premier ministre Fouad Siniora et le président de la Chambre Nabih Berry, selon une source officielle libanaise.
Avant d’arriver au Liban, M. Mottaki, qui se trouvait en Syrie où il a rencontré son homologue Walid Moallem, a indiqué qu’il se rendait au Liban pour « exprimer tristesse et regret devant ce crime haineux perpétré par l’entité sioniste à Cana ».
De son côté, le ministre iranien de la Défense, Mostafa Mohammad Najjar, a déclaré hier qu’un sort « pire que celui d’Hitler » attend les responsables israéliens, selon la télévision d’État.
« Un sort pire que celui d’Hitler et de Saddam (Hussein) attend les criminels sionistes et ceux qui les soutiennent », a dit le ministre.


Source: ''lorientlejour''
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