A 58 ans, l'artiste rejette avec force l'idée selon laquelle son retour à la musique serait une trahison de sa foi.
Yusuf Islam, devenu ces dernières années l'une des voix qui comptent dans la communauté musulmane britannique, a connu le succès international dans les années 60 et 70 avec des tubes tels que "Wild World", "Moonshadow" ou "My Lady d'Arbanville".
A l'époque, le chanteur d'origine grecque et au physique avantageux atteint le statut de star de la pop, et ne manque pas d'en savourer tous les fruits.
Mais en 1977, Cat Stevens se sépare de sa guitare, change de nom et se retire du grand cirque pop après avoir reçu un exemplaire du Coran. Il fait le voeu de consacrer sa vie à la foi musulmane.
Ses nombreux fans sont désemparés. D'aucuns attribuent ce changement à l'épuisement physique, consécutif aux excès de la vie de vedette, qui avait affecté la santé du chanteur.
Et le voilà de retour. "An Other Cup" sort en novembre, présenté par la maison de disques comme "aussi émouvant et intemporel que les classiques qui ont inspiré une génération".
Le disque est en tous cas un retour aux sources. Yusuf Islam a déjà prévenu qu'il serait familier à ceux connaissant ses anciens succès.
"Quand mon fils a réintroduit une guitare à la maison, cela a été le tournant", expliquait-il ces jours-ci à la BBC. "Cela a ouvert un flot de nouvelles idées et de musiques qui, je le pense, paraîtront proches à beaucoup de gens".
Yusuf Islam n'a, en fait, jamais cessé de publier des disques depuis trois décennies. Mais la plupart d'entre eux ont été des projets confidentiels liés à son activité religieuse.
Le chanteur s'est investi au même moment dans de nombreuses activités caritatives, notamment son ONG reconnue par l'ONU "Small Kindness" et qui se consacre aux victimes des guerres ayant enflammé l'ex-Yougoslavie dans les années 1990.
L'ex-Cat Stevens, marié et père de cinq enfants, a aussi crée une école islamique à Londres.
Son ancienne popularité l'aide à faire connaître les causes qu'il défend. Mais ces dernières années, elle lui a plutôt fait du tort.
En septembre 2004, l'avion à bord duquel il voyageait de Londres vers les Etats-Unis a été dérouté parce que son nom se trouvait sur la liste des passagers. Il s'est avéré que Yusuf Islam avait été inscrit par erreur sur une liste de personnes "à surveiller".
Le chanteur barbu se veut philosophe à propos de l'incident, et assure être "prêt à pardonner et à oublier", pourvu qu'on lui fasse bon accueil la prochaine fois qu'il ira aux Etats-Unis.
Il aborde avec le même pragmatisme les critiques de certains, dans la communauté musulmane, contre son retour à la musique.
"Je reconnais que certaines chansons et influences musicales sont haram (interdites), mais ce jugement ne s'applique pas à tout chanteur ni à la moindre note jouée", écrivait-il l'année dernière à ce sujet.
"Il est vrai que la plupart de ceux qui achètent mes disques ne sont pas musulmans", poursuivait-il. "Mais beaucoup de ceux qui écoutent ces vieilles chansons admettent qu'elles représentent l'inspiration poétique de quelqu'un en quête, quelqu'un ayant soif de paix, et qui cherche à comprendre les mystères inexpliqués de la vie".
La premier extrait du nouvel album doit sortir en Grande-Bretagne en novembre.
Source: AFP