Le Premier ministre Ehud Olmert s’est « déclaré convaincu que les relations entre Israël et la France (allaient) se développer et se resserrer » durant le mandat de Nicolas Sarkozy. Hier, il a appelé M. Sarkozy pour le féliciter. Celui-ci a répondu, selon un communiqué de la présidence du Conseil israélien : « Je suis un ami d’Israël et Israël pourra toujours compter sur mon amitié. »
Proche « ami » de Sarkozy, le chef de l’opposition israélienne Benjamin Netanyahu a, pour sa part, estimé que le prochain président français – contrairement à son prédécesseur Jacques Chirac qualifié d’« ami des Arabes » – est « un homme qui voit les intérêts de la France sous un autre angle ».
Les médias israéliens ont également salué une victoire qui prélude à « une ère nouvelle dans les relations franco-israéliennes », comme l’écrivait en une le quotidien populaire Yediot Aharonot à gros tirage. Le quotidien Maariv (indépendant) a, quant à lui, souligné qu’en entamant sa campagne électorale à l’étranger en visitant Yad Vashem (le mémorial de la Shoah) à Jérusalem, Sarkozy est désormais « tenu de faire face au défi du nucléaire iranien ».
Précisément, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, a déclaré hier que l’Iran était disposé à discuter avec Nicolas Sarkozy, partisan de sanctions internationales contre Téhéran. Autre pays dans le collimateur de la communauté internationale, et particulièrement en froid avec la France de Jacques Chirac en raison de ses positions sur le dossier libanais, la Syrie a laissé la porte ouverte. Le président Bachar el-Assad a en effet félicité M. Sarkozy, souhaitant que les relations entre les deux pays « évoluent » positivement.
« Nous nous attendons à ce que M. Sarkozy réévalue les relations franco-syriennes qui se sont crispées ces deux dernières années, à cause des a priori du président sortant Jacques Chirac à l’encontre de la Syrie », a déclaré le rédacteur en chef du quotidien officiel as-Saoura, Khalaf al-Jarad.
La France a gelé tout contact de haut niveau avec Damas depuis l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri, un proche du président Jacques Chirac, qui a vivement mis en cause, à plusieurs reprises, le rôle de la Syrie au Liban.
« On ne peut exclure de parler avec la Syrie, c’est une évidence, mais la question est de savoir si la Syrie est prête à devenir une puissance constructive, qui participe à la recherche de solutions dans les crises de la région plutôt que de les rendre plus complexes encore », avait, pour sa part, récemment déclaré M. Sarkozy.
Chez les Palestiniens, le président Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas ont espéré que Nicolas Sarkozy œuvre à une reprise de l’aide internationale directe au gouvernement d’union palestinien. M. Abbas « a félicité M. Sarkozy pour son élection à la présidence et lui a transmis son espoir de voir la France poursuivre son soutien au peuple et aux droits palestiniens », a affirmé Nabil Abou Roudeina.
Le roi Abdallah II de Jordanie a, pour sa part, déclaré qu’il attendait de M. Sarkozy qu’il poursuive le rôle « vital » de la France en faveur de la paix dans le monde.
Les analystes s’accordaient à dire que la politique de M. Sarkozy devrait être plus pragmatique et moins personnalisée que celle de Jacques Chirac.
Source : lorient-lejour