"Notre humanisme profond de musulman est heurté par ce recours banalisé à l'ADN.
La loi ne peut légitimer l'idée que l'identité d'une personne se réduit à ses caractéristiques génétiques. Cette identité résulte d'un ensemble de facteurs qui dépassent la réalité biologique, à commencer par les relations affectives et les conceptions spirituelles", écrit M. Kabtane dans sa lettre ouverte.
Rappelant que "le cadre légal a été fixé par les lois bioéthiques de 1994", le recteur estime que "l'identification par empreinte génétique n'est pas à la libre disposition des personnes. Elle doit être autorisée par un juge et pour ce faire, répondre à des buts très précis. Agir en dehors de ce cadre, notamment par libre initiative, est une infraction pénale".
"Pour les étrangers la règle serait inversée. Dès lors que l'administration émettrait un doute, l'étranger serait invité à pratiquer ces tests dans un seul but d'identification.
Ce qui est une infraction pour l'ensemble des citoyens, deviendrait la règle recommandée pour les étrangers", regrette M. Kabtane.
Le projet de loi de Brice Hortefeux sur l'immigration a été adopté par l'Assemblée le 20 septembre. Il doit maintenant être examiné au Sénat.
Le texte voté par les députés autorise, à titre expérimental, jusqu'au 31 décembre 2010, les tests ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial voulant apporter une preuve de leur filiation. L'examen génétique est facultatif et fait après consentement express du demandeur.
Source: AFP