Alors que les premiers des quelques trente mille pèlerins marocains se préparent à revenir du hadj, les Marocains souhaitent mieux comprendre le système du tirage au sort, qui en est maintenant dans sa troisième année.
Tous n'ont pas la possibilité de se rendre sur les lieux saints de l'Islam. Il y a trois ans, le Maroc avait mis en place un système de tirage au sort pour départager chaque année les candidats au hadj.
Les responsables du Ministère marocain des Affaires Islamiques et des Habous soulignent que le nombre idéal, trente mille pèlerins, est décidé par les autorités saoudiennes à l'aide d'une formule basée sur la population marocaine.
Le Ministre des Affaires Islamiques Ahmed Toufiq a indiqué que la mise en place de ce système de tirage au sort était devenue nécessaire étant donné qu'un nombre toujours plus important de citoyens souhaitent effectuer le pèlerinage.
M. Toufiq a indiqué que cette année, plus de 115 000 personnes avaient déposé leur demande pour 30 000 places.
Les agences de voyage sont autorisées à participer à ce tirage au sort pour le compte de leurs clients. Lors des deux hadj précédents, ces agences s'étaient vues attribuer dix mille places. Cette année, seules 7 500 personnes ont pu faire appel à leurs services.
Le gouvernement affirme mettre tout en œuvre pour garantir le caractère équitable de ce procédé. "Avec ce système, il y a beaucoup d'équité pour les citoyens", explique M. Toufiq.
Mais bien que ce procédé puisse paraître équitable, il peut occasionner de grandes frustrations chez ceux qui n'ont pu satisfaire leur rêve. "Cela fait trois ans que je postule, sans succès", explique Barakat Mustapha, 56 ans, à Magharebia. "Je suis déprimé. Il faut trouver une solution. Je veux de tout mon cœur visiter les lieux saints."
Ceux qui peuvent effectuer le pèlerinage bénéficient de soins et de l'attention des représentants de l'Etat. Pour que le voyage se passe dans les meilleures conditions possibles, le Maroc a envoyé une délégation officielle veiller au confort, à la sécurité et à la santé de ses ressortissants. Cette délégation se composait de plus de quatre cents responsables chargés de fournir un soutien administratif, des conseils religieux, des soins médicaux et des informations touristiques générales.
L'an dernier, le logement avait provoqué une forte polémique, lorsque des centaines de personnes s'étaient retrouvées dans le quartier Al Azizia, loin du "haram". Pour empêcher que ce problème ne se renouvelle, le Ministère des Affaires Islamiques a réservé 28 immeubles dans le centre de la Mecque cette année. Le gouvernement a également remboursé les pèlerins qui avaient été forcés de résider à Al Azizia durant le pèlerinage de l'an dernier.
Le coût du pèlerinage est toujours un sujet brûlant. Cette année, la somme de 24 500 dirhams couvrait le prix du vol Maroc-Arabie Saoudite, le logement à la Mecque et à Médine, ainsi que les transports et d'autres services.
Le Ministère des Affaires Islamiques a indiqué qu'il avait fait son possible pour maintenir les tarifs au niveau de ceux de l'an dernier, en dépit de l'augmentation des coûts du kérosène. Selon les responsables, une augmentation est plus que probable pour l'an prochain.
Source: magharebia