Depuis le nouvel an, Nicolas Sarkozy poursuit un trajet de dialogue entre l'Etat laïque français et les chefs religieux du monde pour savoir leurs opinions sur sa doctrine " la laïcité positive". Ce concept de «laïcité positive», veut que les religions soient désormais considérées comme un atout et qu’il faille rechercher un dialogue avec elles. C’est la première fois qu’un président de la République affiche cette nouvelle conception des rapports entre l’Etat et la religion.
Nicolas Sarkozy dit «la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme lorsqu’elle n’est pas associée à une aspiration qui comble l’aspiration à l’infini».Mais Jean-Michel Quillardet, le grand maître du Grand Orient de France (GOF), qui se présente comme «la première obédience maçonnique française» croit que" derrière ça, il y a une idéologie très américaine."
Il faut reconnaître que, du côté catholique et au-delà des options politiques diverses de ces milieux, le discours du Latran a été plutôt bien apprécié. La « laïcité positive », entendue comme une nouvelle culture, décrispée et constructive, entre État et Église est un souhait ardent pour une majorité de catholiques après un siècle de combats acharnés dont le centenaire de la loi de 1905 a rappelé la gravité. Une loi, au passage, dont l’Église apprécie l’équilibre et qu’elle ne veut pas voir réviser.
En revanche, derrière le symbole de ce séduisant débat intellectuel sur la culture de la laïcité et sa capacité à admettre en son champ le travail des religions, l’Église catholique sait qu’elle a tout à perdre à une nouvelle crispation antireligieuse. Elle sait aussi le poids des dossiers de fond, surtout lorsque, comme pour celui de l’immigration ou de la révision des lois de bioéthique, elle n’est pas en accord avec la politique du président.
L’islam, toutefois, est un cas à part. Nouveau venu à l’échelle du temps sur la scène religieuse française, il est particulièrement soigné et depuis longtemps par l’actuel président qui créa le Conseil français du culte musulman (CFCM) quand il était ministre de l’intérieur. Il est en pleine évolution comme l’indique notre sondage, une dynamique d’avenir qui n’est pas aussi évidente pour toutes les religions en France. Ce qui est, semble-t-il, aux yeux du président, l’un des enjeux majeurs de toute cette problématique.
Ainsi, si la première partie du discours de Riyad complétait celui du Latran, la seconde partie a cherché à impliquer l’islam dans la fameuse « politique de civilisation ». Cette politique, a insisté en Arabie saoudite Nicolas Sarkozy, « c’est ce que font tous ceux qui, au sein même de l’Islam – comme des autres religions – luttent contre le fanatisme, ceux qui en appellent aux valeurs fondamentales de l’Islam pour combattre l’intégrisme.»
Il a d'ailleurs declaré: "Nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité" et il se montre pour un « Islam ouvert, un Islam qui se souvient des siècles où il était le symbole de l’ouverture d’esprit et de tolérance » et pour une « synthèse entre l’identité profonde de l’Islam et la modernité sans choquer la conscience des croyants ».
Source: lacroix