Un petit garçon prend le micro. Même s'il n'a pas tout compris des propos savants des deux femmes qui se sont exprimées, toute la soirée de samedi, à la mosquée d'Angers, il en a retenu l'esprit : « Le massacre des femmes s'est arrêté, c'est bien. » Rires indulgents dans la salle. Mais il ne sait pas encore, ce futur petit homme, qu'il a assisté à une première, avec cette soirée organisée, dans le cadre de la Journée internationale des Femmes, par le président de l'association des Musulmans d'Angers, Abdel Kader Boutaya : « C'est une première que les femmes prennent la parole dans cette mosquée et j'espère que ça va continuer. »
A la table, une architecte et une spécialiste de l'histoire du Coran, qui va explorer son message avec un public venu plus nombreux que prévu. Les hommes laissent les chaises aux femmes installées devant. Ils préfèrent s'asseoir sur l'immense tapis de la mosquée derrière et alentour.
Zarha Ali propose de retourner aux sources du Coran pour une démarche de libération de la femme, et lire le Coran à la lumière de la raison et de l'intelligence : « Ce n'est pas l'Islam qui a opprimé les femmes, mais des lectures du texte dans des contextes historiques misogynes et patriarcaux. »
Source: angers.maville