DDMQui sont vraiment les membres des « Languedoc wars » ? Interpellés fin mai lors d'un coup de filet orchestré par les services de police de la Haute-Garonne, ces hommes et femmes, militaires, chauffeur livreur, cuisinier, apprenti, âgés de 18 à 27 ans, sont accusés d'avoir mis le feu à la mosquée de Colomiers, dans la nuit du 20 avril 2008. Cet incendie avait provoqué une très large émotion, bien au-delà du monde musulman.
Aujourd'hui, alors que le juge d'instruction Philippe Colson vient d'organiser une vaste confrontation entre neuf suspects, la motivation de ces individus, marqués par leur vénération pour la politique nazie, s'ébranle au fil des questions à chaque fois plus pressantes. À croire que l'incendie de la mosquée, le jour de l'anniversaire de la naissance d'Adolf Hitler, était un simple hasard.
La confrontation jeudi après-midi au palais de justice de Toulouse a parfois tourné au burlesque. Le juge avait convoqué cinq des six détenus (le dernier était poursuivi devant le tribunal correctionnel, lire ci-contre), plus un septième mis en examen qui a été laissé libre et les trois filles du groupe dont une en qualité de témoin. Neuf personnes qui ont joué une partie de poker menteur peu brillante.
Il est apparemment plus facile de chanter la gloire d'Hitler une bière à la main autour d'un feu de joie, tranquillement caché à Castanet, que de reconnaître ses actes, et ses idées, devant un magistrat instructeur. Et au jeu du « c'est pas moi, c'est l'autre » ou « je ne me souviens plus », les neuf intéressés ont souffert de terribles troubles de mémoire. Entre ceux qui disent être restés à l'écart, qui ne se souviennent pas avoir dégradé la salle des ablutions, qui ne savent pas parce que tout le monde portait des cagoules et enfin ceux qui regrettent avoir été trop saouls ce soir-là pour se souvenir, c'est « courage, fuyons!».
Personne ne reconnaît avoir mis le feu. En revanche, côté demoiselles, c'est l'heure des règlements de compte sous fond de différents amoureux pour les beaux yeux d'un des membres du groupe.
« Il ne manquait plus qu'une histoire d'amour pour boucler l'affaire », ironise, un brin décontenancé, un avocat de la défense.
Une chose semble acquise : la solidarité des « Languedoc wars », leur nom de « guerre », a depuis longtemps volé en éclat. Et il y a peu de chance qu'elle se renforce d'ici le procès.
Devant la cour d'assises ? C'est trop tôt pour le dire. En revanche, l'instruction pourrait être bouclée avant la fin de l'année. Cela laisse peu de temps aux suspects mis en examen pour qu'ils se rendent compte de l'énormité de leurs actes.
Source: ladepeche