Une chance à saisir pour les banques suisses, selon une étude de la société de conseil stratégique Booz & Company.
La finance islamique n'est depuis longtemps plus seulement un secteur de niche, constate l'étude publiée mercredi par la société d'origine américaine. Elle estime la somme de bilan actuelle des banques islamiques à quelque 500 milliards de dollars dans le monde.
Avec des taux de croissance de 15 à 20% durant les cinq dernières années, ces établissements forment un des secteurs au développement le plus rapide de toute la branche financière. En tant qu'une des principales places financières off shore, la Suisse est pour sa part appréciée par les clients du monde musulman, relève Booz.
Dans les seuls pays du Golfe, Booz & Company estime à quelque 170 milliards de dollars le volume du marché potentiel qui pourrait intéresser les banques suisses. De nombreux établissements helvétiques renforcent déjà leur présence on shore (sur place) dans la région, mais se cantonnent trop souvent à une implantation à Singapour ou dans les Emirats.
Selon Booz & Company, ils devraient renforcer leur réseau par d'autres succursales, et offrir des produits combinant judicieusement les activités on shore et off shore.
La concurrence sur ce terrain se renforce, et des établissements financiers issus du monde arabe commencent à s'établir en Europe afin d'y offrir leurs services aux milieux musulmans. A Genève, la Faisal Private Bank offre ainsi depuis peu ses prestations à des clients fortunés directement depuis la Suisse.
Le principe fondamental de la finance islamique est l'interdiction de l'usure, associée aujourd'hui aux taux d'intérêt bancaires. En conformité avec la charia (loi islamique) les fonds islamiques n'ont ainsi pas le droit d'investir dans des compagnies liées au tabac, à l'alcool, à la pornographie, au porc ou aux jeux de hasard, toutes choses considérées comme tabous par les musulmans pieux.
Source: romandie