La rue Al-Saliba, une rue caractérisé par la présence de plus d’une dizaine de monuments islamiques

10:29 - October 29, 2008
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Egypte(IQNA)- Entre la mosquée de Sayéda Zeinab et celle d’Ibn Touloun, s’étend une rue bien différente, celle d’Al-Saliba
Elle n’est pas comme toutes les autres, cette voie qui se caractérise par la présence de plus d’une dizaine de monuments islamiques célèbres autant par leurs histoires que par leur beauté. « Depuis deux ans, on entame un grand projet qui a pour objectif de restituer la beauté d’antan à tous les monuments de cette rue », explique le Dr Ahmad Al-Zayat, conseillé du département des monuments islamiques au Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Dernièrement, trois de ces monuments ont été inaugurés après l’achèvement des travaux de restauration architecturale et minutieuse qui ont pris du temps à cause de l’état déplorable des édifices. Les premiers sont la mosquée et la Khanka (couvent des soufis) du prince Shaïkhu Al-Amri, construites respectivement en 750 et 756 de l’hégire.
Ce complexe se situe à l’intersection de la rue Al-Saliba avec celle d’Al-Khalifa. La mosquée se compose d’une cour à ciel ouvert où se trouvent 4 iwans qui lui sont perpendiculaires. Une grande fontaine se plante au milieu de la cour pour permettre aux fidèles de se livrer facilement aux ablutions avant les prières. « C’est dans cette mosquée que le grand imam Galaleddine Al-Siyouti a commencé à donner ses leçons religieuses », explique Mohamad Fathi, inspecteur archéologique travaillant à la mosquée. Quant à la Khanka, elle était formée d’une cour avec trois iwans dans lesquels les soufis pratiquaient leurs rites. Ensuite, le visiteur se trouve devant l’un des plus célèbres sabils du Caire islamique, qui est celui d’Oum Abbass qu’a construit le khédive Abbass pour être un waqf (bien religieux inaliénable) au profit de sa mère dont il porte le nom. Ce sabil souffrait beaucoup sous l’effet de l’eau souterraine et des problèmes d’eau usée. « Les spécialistes du CSA ont remédié radicalement à tous ces problèmes en établissant un nouveau réseau de drainage sanitaire qui évite la répétition d’un tel problème », assure Al-Zayat.
Quant au troisième monument qui a repris ses beautés d’antan, c’est le complexe de Abdallah Katkhoda. Ce complexe, construit en 782 de l’hégire, se distingue par les travaux en arabesques qui décorent la façade avec une finesse qui attire l’attention de n’importe quel passant.
« On a tout de même coordonné avec le gouvernorat du Caire pour aménager la région aux alentours de la rue Al-Saliba. La rue a été pavée et les places de Sayéda et d’Ibn Touloun ont été embellies », explique Abdallah Al-Attar, conseiller des monuments islamiques au CSA. « On s’est mis d’accord sur le fait que la route soit à sens unique, en faire une rue piétonne à l’instar de la rue Al-Moez étant impossible », ajoute-t-il.
On ne peut pas visiter ces trois monuments sans passer sur les autres édifices de la rue Al-Saliba qui sont presque tous restaurés. « Il ne reste en fait que la mosquée Lagin Al-Saïfi et la maison de Taghri Bardi, dont la restauration sera achevée d’ici trois mois », assure le Dr Al-Zayat.
A l’entrée de la rue Al-Saliba, on se sent au sein de l’époque mamelouke et le sultan Ahmad Ibn Touloun nous attend près de sa mosquée à l’autre bout. Il l’a construite au centre de la capitale toulounide, Al-Qataïe. Le visiteur de cette rue ne peut pas s’empêcher de la parcourir jusqu’au bout. Il se trouve attiré par la beauté et l’authenticité de l’endroit dont chaque monument relate une partie de l’histoire de l’époque mamelouke en Egypte.
La première partie de la rue Al-Saliba est connue sous le nom de la rue Abdel-Méguid Al-Labbane (ex-Marassina). A quelques pas à gauche, commence tout un chapelet de perles islamiques avec la mosquée du prince Lagin Al-Saïfi, construite en 852 de l’hégire. Celle-ci se caractérise par sa petite superficie et son petit minaret, comme si celui-ci faisait place à d’autres monuments aussi grands que majestueux. C’est vrai, puisque à quelques mètres se dressent la mosquée et la Khanka des émirs Solar Al-Nasséri et Senger Al-Gawli avec son grand minaret et ses deux coupoles ornées par les calligraphies coufiques splendides. La spécificité de cette mosquée, construite en 703 de l’hégire, est qu’elle est l’une des rares mosquées suspendues du Caire islamique. Elle s’élève plus de trois mètres et demi au-dessus du niveau de la rue. La visite se poursuit dans la rue pour découvrir un monument qui est aussi beau que le précédent. C’est la mosquée et la madrassa (école) du prince mamelouk Sarghatmach Al-Nasséri, construits en 757 de l’hégire.
Un peu plus loin à gauche, le visiteur contemple les beautés de la mosquée du célèbre historien musulman Ibn Taghri Bardi, construite en 844 de l’hégire. Ce dernier est l’auteur de la célèbre encyclopédie historique Al-Nogoum al-améra fi tarikh Misr wa Al-Qahéra (les étoiles brillantes dans l’histoire de l’Egypte et du Caire). A quelques pas, se situe la mosquée de Qanibay Al-Mohammadi, construite en 812 de l’hégire.
Source: hebdo.ahram
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