Encore peu développée en Algérie, la finance islamique a tenu pourtant son premier forum à Alger, le mardi 4 novembre.
Organisé par la société française Isla-Invest, il a réuni notamment banquiers, financiers et juristes pour débattre des perspectives de la finance islamique sur les sols africain et européen. Son organisateur Zoubeir Ben Terdeyet présente à Saphirnews la situation algérienne dans ce domaine.
Saphirnews.: Il n’existe actuellement que deux banques islamiques en Algérie, pourquoi ?
Zoubeir Ben Terdeyet : La banque Al Baraka d’Algérie a été la première banque privée dans le pays en 1991 mais les événements qui ont touché l’Algérie, ont freiné durant plusieurs années le développement du secteur bancaire Algérien dans son ensemble.
Ce n’est que très récemment que de nouvelles banques ont commencé à s’implanter dans le pays car il suscite de grands intérêts pour les banques étrangères, du coup les demandes sont aujourd’hui trop nombreuses et il existe un syndrome « Khalifa » qui pousse la banque d’Algérie à être très prudente dans ces attributions d’agréments. D’autres banques islamiques ont fait des demandes d'agrément (Abou Dhabi Islamic Bank et Koweït Finance House, ndlr), il faut attendre tout simplement les réponses mais nous pensons que ce marché se développera rapidement. La question est de savoir si des acteurs locaux lanceront un jour une banque islamique avec des capitaux à 100 % algériens.
Quels sont les freins internes au développement de la finance islamique ?
Z.B.T. : Les freins sont d’ordres psychologiques car il n’est pas évident d’accepter un nouveau système quand vous pensez que l’existant est unique et parfait. Aujourd’hui, la crise financière a remis en cause la suprématie du système conventionnelle.
Il faut ensuite que l’environnement réglementaire et fiscal soit adaptés. Il faut envoyer des signaux positifs aux investisseurs étrangers en essayant de mettre en place un système bancaire aux normes internationales. Car la finance islamique c’est avant tout de la finance classique mais avec le respect des critères de la charia et l’Algérie accuse un certain retard sur ses voisins Maghrébins.
Comment se développe la finance islamique dans le Maghreb ?
Z.B.T: Doucement mais sûrement. Au Maroc, on a pour l'instant proposé des produits alternatifs mais rien de plus. En Tunisie, Best Bank existe depuis 1983, Best Ré depuis plusieurs années, Noor vient d’y installer un bureau de représentation et une demande d’agrément vient d’être faite pour une banque universelle.
Des fonds d’investissement tel que GFH (Gulf Finance House, banque d'investissement islamique basée à Bahrein, ndlr) ont également de très grands projets au Maghreb tel que le projet de centre d’affaires pour 3 milliards de dollars à Tunis.
A qui profitent actuellement les deux banques islamiques présentes sur le territoire algérien, El Barak Bank et Al Salam Bank Algeria, et à qui vont-elles profiter ?
Z.B.T. : La banque Al salam n’a pas encore commencé son activité mais le modèle choisi est celui d’une banque universelle qui est tournée vers les particuliers et les entreprises. Al Baraka s’adresse également aux deux types de clientèles. Petite info qui a son importance, Al Baraka va se lancer avec FIDES dans le micro financement afin de stimuler l’entreprenariat.
Source: saphirnews