La série de colloques organisés sous l’égide de l’Arabie Saoudite pour faire parler Musulmans, Chrétiens et Juifs en vue d’une meilleure compréhension, en est l’illustration. Le but est de démentir la thèse de Samuel Huntington sur le choc des cultures. Peine perdue, vu les amalgames et le rejet de l’autre qui caractérisent de plus en plus les rapports entre nations, et dont les musulmans sont les principales victimes.
Mais dans le monde arabo-musulman, l’occident a appris à y voir les bons et les mauvais élèves. La Tunisie est parmi les premiers. En témoigne le tableau d’honneur qu’elle vient de recevoir du Pape Benoît XVI dans une lettre qu’il a adressée au nouvel ambassadeur de Tunisie près du Vatican Rafiâa Limam Baouend.
Le pape y évoque, notamment, l’Église catholique qui «manifeste sa présence dans la société tunisienne notamment par ses institutions éducatives ou encore dans le domaine de la santé ou de l’attention aux personnes handicapées. Par ses engagements au service de la population, sans distinction d’origine ou de religion, elle entend contribuer, à sa manière, au bien commun". Le chef du Vatican estime que « le respect et la bienveillance manifestés à l’égard de ces institutions ecclésiales sont un signe de la confiance dont elles jouissent de la part des autorités et de la population. Je ne peux que m’en réjouir'".
Et d’ajouter : "La communauté catholique de Tunisie se rattache à une antique tradition qui a marqué la vie culturelle et spirituelle de votre pays. Des saints et des saintes comme Cyprien, Perpétue et Félicité et tant d’autres y ont témoigné du Dieu unique jusqu’au don de leur vie".
Cette lettre adressée par le pape à la Tunisie dépasse le simple aspect protocolaire pour être un message à l’ensemble du Maghreb, sinon du monde arabo-musulman, histoire d’inciter les uns et les autres à être plus tolérants, à autoriser la création des églises, à ne plus punir les conversions au christianisme etc.
Le Pape met, par ailleurs, l’accent sur l’intérêt qu’il y a à respecter la diversité culturelle et religieuse, en vue de l’édification d’un monde plus fraternel et plus solidaire. Mais si on parle de fraternité, de tolérance et de respect de l’autre, il faut que ces valeurs soient respectées par tout le monde en Occident comme en Orient. On ne peut pas appeler les musulmans à être indulgents et les accabler des dénigrements et des diatribes les plus éhontés.
Même le Pape Benoît XVI a fait des siennes. Tout le monde se rappelle de ses critiques virulentes contre l’Islam en 2006. Il avait alors établi un lien entre islam et violence, dans un discours devant des universitaires et intellectuels allemands. Des propos qui ont alors provoqué un tollé dans le monde musulman, obligeant le Pape à les regretter sans pour autant s’excuser.
Source: gnet.tn