L’auteur de l’article Hossein Chariat Madari, écrit : «Les Etats-Unis en votant neutre lors de la réunion du conseil ont tenté de cacher leur joie suite à cette décision du Conseil». Cela s’explique quand on regarde l’article 9 de la résolution 1860. Cette résolution ne pouvait pas être rejetée par les Etats-Unis car elle était idéale à leurs yeux et aux yeux de leurs alliés. Le vote des Etats-Unis n’a été qu’une manœuvre pour cacher leur satisfaction.
1- Si les pressions internationales qui réclamaient à grands cris l’arrêt des bombardements et de ce génocide, n’ont pas été sans effets dans le vote de cette résolution, il faut quand même remarquer qu’elle est arrivée quatorze jours après le début des hostilités et l’attaque sauvage du régime terroriste sioniste sur la bande de Gaza. Pendant ces deux semaines, ni les Etats-Unis, ni le régime sioniste, ni leurs alliés, n’ont prêté attention aux demandes expresses de l’opinion internationale, ce n’est qu’après l’attaque terrestre et les échecs du régime sioniste dans l’élimination de la Résistance, que le Conseil de sécurité s’est décidé à prendre une décision, comme ce fut le cas lors de l’attaque sioniste contre le Hezbollah, au Liban, avec la résolution 1701, pour éviter la défaite de ce régime.
Olmert dans des réunions secrètes avec les dirigeants du Pentagone, les services de la CIA et le Président américain, avait déclaré, comme cela a été publié par la suite dans le rapport du comité Vinugrad sur l’examen des raisons de l’échec des opérations militaires sionistes, avait avoué son impuissance à affronter le Hezbollah. Cette résolution, qui n’était pas censé être respectée, avait été adoptée au nom d’Israël pour qu’au moins, dans les textes, Israël soit présenté comme le vainqueur du conflit et diminuer les effets négatifs de cet échec aux yeux de l’opinion internationale.
Cette tactique n’a pas profité à Israël qui a été obligé de reconnaître cet échec par la suite, avec l’annonce des résultats du comité de recherche. La dernière résolution a été adoptée dans le même but et dans les mêmes conditions, pour cacher l’échec d’Israël dans son attaque contre Gaza. La poursuite de la fermeture des voies de passage vers la Bande de Gaza est impossible, tout comme le désarmement du Hezbollah, prévu dans la résolution 1701, dont le gouvernement libanais avait été chargé avant d’être renversé.
2- Le nom du mouvement de résistance Hamas, n’a nulle part été précisé, dans la résolution 1860, alors que le régime sioniste avait annoncé et le dit toujours, que son objectif était l’anéantissement du Hamas. Si ce conflit est celui d’Israël et du Hamas, pourquoi ne pas parler du gouvernement du Hamas dans la résolution ? La ministre des Affaires étrangères américaine Conzeela Rice, a déclaré aux journalistes que les Etats-Unis n’appréciaient pas de mettre sur le même plan Israël et le Hamas, et que c’était différent pour la résolution 1701 où les deux parties étaient pays membres. «Nous sommes ici face à une organisation terroriste et à un gouvernement qui se défend face à des attaques au mortier», a-t-elle déclaré. Or les Etats-Unis et Israël avaient déclaré à l’époque qu’ils ne combattaient pas le gouvernement de Signora mais une organisation terroriste le Hezbollah, qu’ils cherchaient à anéantir.
3- Le Hamas est un gouvernement élu par la majorité des Palestiniens, dont la seule faute est de ne pas reconnaître «l’Etat hébreux» et qui considère que la lutte jusqu’à la fin de l’occupation, est le seul moyen de sauver les Palestiniens, contrairement à ce que prétend «l’autorité palestinienne d’Abou Mazen», reconnue par la résolution alors que ce gouvernement n’existe même plus et dont le pouvoir illégal s’est terminé avec les élections et la victoire du Hamas.
4- Contrairement aux déclarations de Rice, le nom du Hezbollah avait été stipulé à coté du nom du gouvernement libanais, ce qui, par la suite, avait été considéré comme «une erreur» par le régime sioniste car cela revenait à reconnaître ce mouvement, mais les Etats-Unis avaient déclaré que les conflits étaient des conflits entre Israël et le Hezbollah et qu’il était impossible de ne pas en parler dans la résolution.
Les Etats-Unis ont tenté d’éviter de nouveau une telle bavure et de faire oublier la légitimité du gouvernement du Hamas. Cet «oubli» est sans aucun doute une façon de cacher la défaite d’Israël et de faire disparaître le Hamas, tout au moins sur les papiers, car la situation sur le terrain est toute autre.
5- L’article 1 précise que le Conseil de sécurité exige un cessez-le-feu immédiat, complet et respecté jusqu’au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza or l’article 6 précise que l’ouverture des points de passage dépend de l’accord de 2005, et de la situation du gouvernement de transition.
- Le conseil de sécurité, par ces deux articles, réalise le vœu d’Israël, des Etats-Unis, de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, c'est-à-dire la disparition du gouvernement légal du Hamas et le retour du gouvernement illégitime de Mahmoud Abbas.
- Ils réalisent aussi le vœu d’Abou Mazen et de ce tueur d’enfants qu’est le régime sioniste, car l’accord du 26 novembre 2005, entre Israël et le dirigeant pro israélien du gouvernement illégal de «l’autorité palestinienne», est arrivé à son terme. L’insistance du conseil de sécurité sur cet accord prouve qu’il ne reconnaît que ce gouvernement illégal.
- Les termes de la résolution, sur le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza, ne sont que des jeux de mots et des slogans vides d’Israël, des Etats-Unis, de l’Egypte mercenaire et de l’Arabie saoudite.
- L’article 7 fait la louange des efforts de l’Egypte et de son plan, l’article 8 parle de l’importance du projet de «paix arabe» qui est une allusion au projet de paix de Malek Abdollah, roi d’Arabie Saoudite, qui est encore pire que l’accord de Camp David.
Comme nous le voyons cette résolution, non seulement absout les criminels et les responsables du génocide de Gaza, mais en fait aussi les éloges ! L’interdiction des manifestations anti sionistes et le soutien financier de Malek Abdollah au régime sioniste, la poursuite de la fermeture du point de Rahfa par Hosni Mobarak et les heurts entre la police et les manifestants en Egypte, sont les preuves de la complicité et du soutien de ces deux pays au terrorisme sioniste.
Le journal Washington Post citant les manifestations et le mécontentement des nations musulmanes, a même parlé d’une éventuelle révolte populaire contre ces gouvernements mercenaires. Le conseil de sécurité tente de faire reluire le blason des dirigeants d’Egypte et d’Arabie Saoudite, qui selon Olmert «sont d’accord et soutiennent son attaque».
Des informations en provenance de Gaza, certifiées par les autorités sionistes, annoncent que les trois armées du régime sioniste, qui avaient attaqué au nord, au sud et à l’est de la bande de Gaza, après plusieurs jours, n’ont pas réussi à réaliser leurs objectifs et que cela en terme de tactique militaire, signifie l’échec des assiégeants. Le régime sioniste n’a pas d’autre solution pour cacher sa défaite de mettre un terme aux combats.
6- Cette résolution ne présente aucun mécanisme pratique. Rice a déclaré que les décisions pratiques étaient «en préparation dans le plan de Mobarak» !!
6- Cette résolution montre avec certitude, l’échec des forces sionistes. Les Etats-Unis et leurs alliés sont conscients de son inefficacité mais cherche à garder la face, à défendre le prestige d’Israël et à donner au régime sioniste ce qu’il n’a pas pu conquérir sur le terrain, une victoire de papier, et à protéger les gouvernements mercenaires d’Egypte et d’Arabie saoudite d’un éventuel soulèvement populaire.
Il est facile de conclure que le vote étasunien à la résolution 1860, n’est qu’une manœuvre pour détourner l’attention de l’opinion publique et islamique. Le régime sioniste a fort besoin de cette déclaration pour pouvoir «rentrer chez lui» et échapper aux représailles du Hamas.
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