L’architecture islamique: «Une beauté au service des valeurs humaines»

9:48 - May 24, 2009
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Téhéran(IQNA)- Dès les débuts de l’islam, les artistes ont fait beaucoup d’efforts pour élaborer un modèle de ville islamique, dans le respect des règles esthétiques et des valeurs humaines.
Ali Ben Mobarak, écrivain et membre du centre de recherches culturelles et idéologiques de Tunis, s’est entretenu avec l’Agence internationale de presse coranique(IQNA), et a déclaré qu’il était difficile de trouver «le» précurseur de l’architecture islamique, car les arts islamiques sont le fruit de nombreux efforts qui sont une convergence de cultures, de peuples, de pensées différentes, avec la collaboration des différents systèmes politiques.
«Toutes ces expériences ont contribué à l’élaboration de l’art et de l’architecture islamique. L’idée que l’art islamique est le résultat d’un certain sectarisme et d’une vision soufie, a contribué à faire croire que l’islam était opposé au développement des arts. Si la pensée soufie fait partie de la culture islamique, nous pouvons affirmer que l’architecture islamique est ouverte sur toutes les cultures. Par exemple, l’architecture tunisienne est une composition d’architecture andalouse et orientale, qui est empreinte d’un amour profond de la vie et d’un goût pour les relations humaines. La civilisation islamique n’est pas figée mais en continuel mouvement. Elle a su intégrer différentes cultures, cela est visible dans la nomenclature spéciale à l’architecture. Le meilleur exemple est l’influence de l’architecture andalouse dans les pays orientaux», a-t-il dit.
Ali Ben Mobarak qui fait aussi partie du Conseil pour le rapprochement des écoles islamiques, a déclaré qu’on ne pouvait pas critiquer la civilisation islamique pour avoir pu intégrer différentes civilisations, mais qu’au contraire, cela était le signe de sa puissance idéologique.
«L’art qui en est sorti de ces relations culturelles, est un art islamique qui a réussi à respecter les particularités de chaque peuple. Le palais de Hamra, en Andalousie, est un chef d’œuvre qui étonne encore les architectes, par ses aspects multiculturels. L’art islamique est une convergence d’art grec, chinois et indien. On ne doit pas nécessairement parler «d’un» art islamique, et accepter les différents caractères culturels ne signifie pas une dissolution dans ces cultures, au contraire cela est un avantage qui aide les relations entre les gens.
Les monuments islamiques en Afrique ou en Orient, témoignent de cette relation humaine dans l’art islamique, qui a permis aux civilisations de subsister. La signification de «Madine Fazeleh», «la ville sublime» qui insiste sur les relations morales entre les citoyens, a un sens philosophique et spirituel qui se rapproche de la cité idéale dont Aristote a parlé avant Farabi et Avicenne.
La relation entre la cité d’Aristote et «la ville islamique» est flagrante mais Madine Fazeleh renvoie plutôt à une moralité dans la gestion politique, plus qu’aux points sociaux et urbanistiques de la cité d’Aristote. L’architecture et l’urbanisme sont des questions concrètes qui ont aussi été évoquées dans ce concept. L’urbanisme islamique a des dimensions très complexes et ne peut pas se résumer au concept de Madine Fazeleh, mais il renvoie à une esthétique spéciale dans le respect des valeurs morales. L’architecture islamique doit avoir trois caractéristiques, une base scientifique, un sens de l’innovation et un mixage de ces deux pour produire des modèles nouveaux, respectueux des valeurs islamiques et capables de répondre aux besoins de la société. Pour présenter un modèle de ville islamique, il faudrait tout d’abord définir les critères de l’urbanisme islamique et trouver une ville qui réponde à tous ces principes, cela est très difficile. Par exemple l’architecture de Bagdad, est très différente de celle de Kairouan, mais il s’agit dans tous les cas de beautés architecturales, et il est impossible de dire que le style de cette ville est «plus islamique» que l’autre. Des villes comme Ispahan et Tabriz en Iran, sont des villes construites en fonction d’un modèle culturel précis, mais qui entrent aussi dans l’ensemble architectural islamique. Toutes ces villes sont des exemples magnifiques de ce qu’on peut appeler une ville islamique», a-t-il dit.
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