Le directeur général de l'Alesco appelle à édifier une personnalité arabe moderne

15:34 - July 13, 2009
Code de l'info: 1801156
Alger(IQNA)- Le directeur général de l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences(Alesco), M. Mohamed Aziz Ben Achour a affirmé hier, à Alger que l'Organisation œuvre à "édifier" une personnalité arabe moderne capable de vivre son époque, fière de son authenticité, de sa langue et de sa littérature et au fait de son histoire civilisationnelle.
Lors d'une rencontre avec la presse nationale, M. Ben Achour a indiqué que cette personnalité escomptée doit reposer sur "notre fierté patriotique et les acquis de la civilisation arabo-musulmane qui doivent nous permettre de mener la bataille de la mondialisation et la société du savoir avec brio sans pour autant délaisser nos spécificités".
L'édification de cette personnalité, a-t-il ajouté, "doit s'accomplir sans excès dans la préservation du legs de nos aînés mais sans tomber dans l'aliénation. Nous devons rester attacher aux principes d'ouverture et du juste milieu et à la soif du savoir et de la connaissance, loin de toute passion pour être prêt à dialoguer avec les autres et d'être à l'écoute de leurs opinions".
L'objectif suprême de l'Alesco, a poursuivi son directeur général, est de "contribuer à enrichir la civilisation arabo-musulmane tout en s'ouvrant sur le monde, en recourant à la raison et en rejetant l'enfermement et l'obscurantisme, partant de la grandeur de notre civilisation". L'Alesco, a-t-il dit, "est au premier rang pour faire face aux défis de l'heure notamment en matière de personnalité et de culture", insistant sur la nécessité de "développer" cette organisation.
Nous ne devons pas nous contenter, a-t-il estimé, du "rôle actuel de l'organisation mais nous devons la promouvoir en tribune intellectuelle arabe et une forteresse de vigilance pour la défense de nos spécificités notamment la langue que nous devons promouvoir".
De l'avis du directeur de l'Alesco, cette dernière doit "s'ouvrir sur la société civile et les associations et sortir du travail des experts et leurs relations avec les organisations internationales ou régionales".
Il est nécessaire, a-t-il dit, de s'ouvrir sur les jeunes et de s'intéresser à leurs préoccupations tout en n'occultant pas les questions liées à la femme arabe qui doit accéder au savoir et se préparer à assumer son rôle dans la famille et la société.
Cette vision, a-t-il conclu, contribuera au développement de l'organisation "pour répondre aux préoccupations des pays membres et des sociétés arabes afin de pouvoir affronter les défis de la mondialisation".
Pour M. Ben Achour, Cette approche repose sur l'importance de la dimension stratégique des volets éducation, culture et sciences, notamment le domaine culturel auquel tous les responsables politiques arabes accordent un intérêt accru, car constituant "le moyen idoine" à même de permettre une meilleure diffusion de certaines valeurs "dont nous demeurons étroitement attachés, à savoir les valeurs d'ouverture, de tolérance et de penchant pour l'acquisition de la connaissance".
Evoquant les défis majeurs qui se posent à la région arabe, le directeur de l'Alesco a souligné que la culture "vient en première position des plans d'action au regard de la nature de ces défis face auxquels nous n'avons d'autres choix que ceux de défendre notre identité et la diversité de notre culture et de contribuer au dialogue des civilisations".
Dans ce contexte, l'intervenant a rappelé que la nouvelle politique de son organisation constituait "un élément essentiel" de la marche vers le développement global, en ce sens qu'elle sert d'abord les intérêts de toutes les franges de la société notamment les jeunes dont il convient d'orienter la pensée et l'esprit de créativité.
Par ailleurs, M. Ben Achour a relevé l'importance de la préservation du patrimoine et de sa redynamisation dans le cadre d'une structure de travail propre à l'Alesco à travers la mise en place de mécanismes susceptibles de préserver ce patrimoine des agressions israéliennes en Palestine et dans les territoires arabes occupés en général et à Al Qods en particulier.
Une action qui doit être menée parallèlement à d'autres dans les domaines de l'éducation et des sciences, estime le directeur de l'Alesco qui a rappelé que les programmes relatifs à ces deux volets "occupent la priorité aux cotés du développement de l'enseignement dans le monde arabe et les programmes de relance de la langue arabe".
Autant d'objectifs et d'orientations dont la réalisation au titre d'une nouvelle approche de l'Alesco passe par plusieurs réformes à l'image de la "rationalisation" de l'ensemble des actions de l'organisation tout en évitant les attitudes bureaucratiques, les répétitions et les lenteurs en matière de réalisation des programmes et de transmission d'informations.
Pour ce faire, M. Ben Achour estime impératif de conjuguer les efforts de tous les pays arabes pour la mise en œuvre des projets prioritaires en coordination avec les ministères concernés, les commissions nationales, les structures régionales et le secrétariat général de la Ligue arabe.
Le directeur général de l'Alesco a mis l'accent sur l'importance d'adopter une politique médiatique capable de véhiculer le message de son organisation et de mettre en avant son rôle en tant qu'espace intellectuel et culturel regroupant l'élite intellectuelle et artistique arabe. Ancien ministre tunisien de la Culture et de la Préservation du patrimoine, M. Ben Achour a été élu à la tête de l'ALESCO en février dernier.
Source: elmoudjahid
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