Selon une étude récente de Moody’s, le rebond de 40% des émissions de sukuk (obligations islamiques) au cours des dix premiers mois de 2009 est essentiellement attribuable à des émetteurs souverains qui ont bénéficié de la remontée des prix du pétrole. Le gouvernement de Dubaï a ainsi levé le mois dernier «près de 2 milliards de dollars via la plus importante émission de sukuk réalisée cette année dans la région du Golfe». Cette prépondérance des acteurs publics pourrait toutefois évoluer après l’émission finalisée jeudi dernier par GE Capital, la branche financière de General Electric, de 500 millions de dollars à travers des sukuk à maturité de 5 ans. Cette opération destinée aux investisseurs du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe est emblématique car elle constitue la première émission de ce genre réalisée par une entreprise privée américaine.
L’opération, qui servira au financement général de l’entreprise, vise également «à compléter et à solidifier sa présence grandissante au Moyen-Orient et en Asie», selon Aris Kekedjian, directeur général de GE Strategic Development. Elle permet aussi au groupe américain de diversifier ses sources de financement, estime Kathy Cassidy, trésorier de General Electric en soulignant que le conglomérat «a désormais l’intention de faire régulièrement appel à ce segment de marché après l’accueil favorable rencontré par cette première opération». L’émission, qui prévoit le versement d’un coupon fixe de 3,87%, s’est en effet réalisée avec un spread supérieur de 175 points de base (pb) au taux des obligations d’Etat américaines d’échéance comparable, ou seulement 20 pb de plus que l'émission traditionnelle à 5 ans de 1,5 milliard de dollars réalisée le 10 novembre par GE Capital.
D’autres entreprises occidentales songent également à recourir aux sukuk dans le domaine des financements de projet, comme Total qui pourrait y consacrer une tranche de 500 millions de dollars sur une enveloppe de crédit d’au moins 6,5 milliards nécessaire pour financer la raffinerie de Djoubaïl. Sans utiliser de sukuk, Suez avait déjà en 2007 intégré une tranche de 600 millions de dollars de crédit islamique (facilité ijara) dans son projet d’unité de production électrique de Marafiq, également en Arabie saoudite.
Source: agefi