Les travaux du martyr Sadr ont bouleversé les principes d’épistémologie

12:33 - January 12, 2010
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Téhéran(IQNA)- Une étude des travaux coraniques de l’Ayatollah Sadr nous permet de voir l’injustice qui a été faite à ce grand penseur dans le domaine de la recherche et du commentaire coranique.
Les travaux du martyr Sadr, en particulier le livre «لأسس المنطقية للإستقراء», ont jeté les bases d’une nouvelle connaissance et d’une nouvelle réflexion.
Ses élèves auraient pu mieux parler de lui, c’est pour cela que nous avons rencontré l’Ayatollah Mohsen Araki qui suivi les cours de jurisprudence et de principes islamiques de l’Ayatollah Sadr. Lors d’un entretien qui s’est déroulé dans les locaux de l’Agence Internationale de Presse Coranique(IQNA), l’Ayatollah Araki qui est le fondateur du centre islamique du Liban, membre de l’Assemblée des experts et écrivain sans relâche des centres d’enseignement islamique, nous a raconté comment il a fait la connaissance du martyr Sadr.
« J’ai fait la connaissance de l’Ayatollah Mohamad Bagher Sadr, tout d’abord par ses écrits, puis lors de mon arrivée au centre d’enseignement islamique où j’ai étudié, il y a quarante ans, auprès de l’Ayatollah Mohamad Ali Tasghiri, le livre «المدرسة القرآنية» puis le livre «اقتصادنا» et «فلسفتنا» de l’Ayatollah Sadr que j’ai rencontré la première fois dans la rue, alors que je n’étais qu’un jeune homme, il y a quarante ans.
Il a répondu très chaleureusement à mes salutations et qui m’a même accompagné un bout du chemin avant de me demander l’autorisation de continuer sa route. C’est vraiment là que j’ai compris la grandeur de cette personnalité et son grand respect de la Tradition prophétique. Son amour des autres et même de ses ennemis du parti baasiste, était un modèle pour tous. Il ne pensait jamais à lui-même ni à rien d’autre que la satisfaction divine. Face à lui, nous nous sentions face au Prophète(SAWA).
Comme l’Imam Hossein(AS), il avait choisi le martyre en toute connaissance de cause, pour la survie de l’islam en Irak, pour affaiblir le régime baasiste et pour déjouer les complots que Saddam ourdissait contre l’identité islamique de l’Irak. Ce choix était un choix révolutionnaire. Comme l’Imam Hossein(AS), l’Ayatollah Mohamad Bagher Sadr, a souffert de la faim et de la soif avant de tomber en martyre.
Sa maison était encerclée par les forces du régime baasiste depuis six mois, personne n’osait lui apporter de l’eau ou à manger, et les voisins lui lançaient des morceaux de pain pour lui permettre de résister. On raconte qu’il s’était rendu compte qu’un des gardiens qui surveillait sa maison avait très soif et qu’avait ordonné qu’on lui donne de l’eau, tout comme son illustre ancêtre l’Imam Hossein(AS), le Prince des martyrs, qui avait donné de l’eau aux soldats de l’armée ennemie de Hor Ben Yazid Riahi.
Le martyr Sadr a beaucoup souffert des tourments que lui ont infligés les ennemis baasistes et même parfois des amis ignorants. Je me souviens qu’un prédicateur qui s’était rendu compte de la présence de quelques élèves de l’Ayatollah Sadr dans l’assemblée, avait commencé à critiquer ses idées et le fait que « certains aujourd’hui se permettent de faire des comparaisons entre l’islam et le communisme ».
« L’islam est une religion divine qui ne doit être comparée à aucune autre idéologie », disait-il, en essayant de faire croire que l’Ayatollah Sadr mettait ces deux idéologies sur le même plan, alors que Sadr ne faisait que montrer l’erreur du communisme et la vérité de l’islam.
On a beaucoup critiqué ses méthodes de réflexion, même dans les milieux islamiques, alors que sa méthode était celle utilisée par le Prophète et les saints Imams(AS). Une de ses particularités était sa maitrise totale de la jurisprudence. Personne ne pouvait l’égaler dans ce domaine, et il maitrisait parfaitement les règles de déduction, les règles de jurisprudence, les sciences modernes et anciennes, et la philosophie islamique.
Sans aucun professeur il avait acquis des connaissances très étendues dans divers domaines scientifiques comme les mathématiques et certaines technologies. Il dominait parfaitement des questions très difficiles de mathématiques et a écrit le livre «الأسس المنطقية للإستقراء» qui est un livre qui a bouleversé les bases de la connaissance. C’est le livre le plus important qui a été écrit dans le monde de l’islam à l’époque contemporaine mais qui est très difficile à cause de ses parties sur les probabilités et son langage très spécialisé ».
Interrogé sur les nouveautés de ce livre, l’Ayatollah Araki a déclaré: «La philosophie islamique, grecque et occidentale proposaient qu’un raisonnement imparfait pour donner des résultats logiques, soit retourné dans une des quatre figures du syllogisme, et que si cette conversion accompagnée de la règle «حكم الأمثال فی مايجوز و فی ما لايجوز واحد»(les choses qui se ressemblent répondent à la même règle d’interdiction ou d’autorisation), était possible, il était aussi possible de tirer de ces fausses propositions un raisonnement valide.
Par exemple l’observation répétée d’une relation entre deux phénomènes, créait une relation définitive de causalité entre le premier phénomène et le second, et dans les sciences expérimentales comme la médecine ou la chimie, permettait de tirer des conclusions générales.
Le martyr Sadr a prouvé que cette méthode avait des défauts et que si elle ne posait pas de problème dans les sciences expérimentales, au niveau de la logique, elle n’était pas acceptable, et a réussi, sans se servir de la règle «حكم الامثال» à résoudre cette question. L’Ayatollah Sadr a réussi à prouver qu’il était possible à l’aide de méthodes scientifiques et expérimentales, et grâce à sa propre méthode de logique, de prouver l’existence de Dieu, contrairement à l’école de Qom avec l’Allameh Tabataba’i et le martyr Mottahari qui ne partageaient pas cet avis. L’Ayatollah a redonné vie à ce principe qu’il considérait comme suffisant pour accéder à des résultats logiques. Il utilisa cette même méthode en jurisprudence et dans les principes théologiques, et prouva l’intérêt des principes de consensus, d’évidence et d’autres principes de théologie, dans la déduction logique, sans se servir de cette règle.
Les travaux de l’Ayatollah Sadr sont encore inconnus et inexploités, bien qu’il s’agisse des travaux les plus originaux qui aient été faits dans le domaine philosophique et de logique. Des parties de ses livres ont été traduites en anglais et ont permis de mettre en lumière l’intelligence et l’originalité de la pensée du martyr Sadr pour les anglophobes.
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