En tant que le plus grand membre du CCGP, l’Arabie Saoudite envisage de former une union avec le plus petit membre de ce conseil, soit le Bahreïn, décision considérée comme un projet saoudien pour éliminer l’indépendance du Bahreïn.
Pour Ahmad Kazemzadeh, expert supérieur des questions du Moyen Orient, Riyad cherche à réaliser de nouveaux objectifs qui ne peuvent être définis dans le cadre des activités du CCGP. L’annonce de la création d’une telle union de la part de Riyad a pour but d’annexer le Bahreïn, parce que si elle cherchait à renforcer la coopération entre les membres du CCGP, une telle coopération était déjà définie au sein des membres du conseil.
« En réalité, dit-il, les membres du CCGP ont l’indépendance totale, alors l’Arabie cherche à profiter de l’occasion pour créer une telle union qui éliminerait l’indépendance de ces pays pour les placer sous la protection sécuritaire de l’Arabie, sous prétexte de faire dace aux soulèvements populaires dans les sultanats arabes. »
L’expert des questions du Moyen Orient a précisé : « L’Arabie avait demandé à d’autres pays de système royal, y compris au Maghreb et à la Jordanie, d’adhérer à une telle union, mais ces pays y avait réservé un accueil glacial. Alors elle s’est récemment concentrée sur le Bahreïn. Puisque le mouvement populaire et révolutionnaire bat son plein fouet au Bahreïn, le régime des Ale Khalifa a été contraint de l’accepter en raison de ses craintes des troubles. »
“L’Arabie Saoudite est obligée de faire le choix entre le mauvais et le pire. Après les échecs subis en Irak, au Liban et en Syrie, les responsables saoudiens envisagent cette fois de mettre en œuvre le projet d’une union arabe et obtenir une victoire relative, ce qui peut avoir des risques et influencer le mouvement chiite dans les régions à population chiite dans l’Est de l’Arabie », a-t-il souligné.
Ahmad Kazemzadeh a ajouté : « Dans l’ensemble, l’Arabie saoudite est préoccupée en raison des réussites de la république islamique d'Iran et des échecs subis dans la région et elle cherche à répondre à ses préoccupations par la mise en place d’une union entre l’Arabie et le Bahreïn. »
« En raison de leur dépendance à l’étranger, a-t-il précisé, les pays du Golfe Persique, sont dépourvus d’acteurs indépendants. Alors les décisions et les projets de ces pays doivent être évalués dans un cadre plus grand, en tenant compte des comportements et des politiques d’autres acteurs internationaux. »
« Après le retrait des forces américaines de l’Irak et l’échec de leurs projets en Syrie, les Etats-Unis ont besoin d’une menace présumée pour réaliser leur projet de missile dans la région. Le projet de l’iranophobie peut aider les Etats-Unis à parvenir à leurs objectifs. En d’autres termes, l’iranophobie est un projet commun entre l’Arabie, les Etats-Unis et Israël », a-t-il conclu.
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