
Toutes les victimes survivantes de l’incendie de la mosquée Rida à Anderlecht avaient affirmé, pendant la reconstitution des faits, que l’accusé n’avait cessé de proférer des menaces à l’encontre des musulmans chiites.
Le film de cette reconstitution a été visionné ce lundi devant la cour d’assises de Bruxelles. Rachid El Boukhari, un Marocain de 35 ans, est accusé devant cette cour de l’incendie volontaire de la mosquée chiite Rida à Anderlecht, le 12 mars 2012. L’incendie avait coûté la vie à l’imam de cette mosquée, Abdellah Dahdouh, âgé de 47 ans.
«J’ai vu l’accusé après qu’il soit entré dans la salle de prières. Quand il m’a vu, il m’a demandé: ‘Toi aussi tu es chiite?’ Et j’ai répondu: ‘oui’», avait expliqué l’une des personnes qui se trouvait sur les lieux pendant la reconstitution visionnée ce lundi. «L’accusé criait sans cesse. Il répétait: ‘Vous [musulmans chiites] êtes en train de tuer nos frères [musulmans sunnites] en Syrie’. Je lui ai dit que nous étions ici dans un pays qui n’a rien à voir avec ces problèmes mais il a continué avec la même argumentation», avait expliqué une autre victime survivante au cours de la reconstitution. Celle-ci avait eu lieu le 22 juin 2012 à l’intérieur de la mosquée incendiée.
À l’issue de cette reconstitution, l’expert en incendie avait réaffirmé qu’il s’agissait bel et bien d’un acte criminel et qu’il y avait trois foyers d’incendie. Deux foyers se trouvaient à l’intérieur de la salle de prières: l’un près de la porte d’entrée et l’autre à proximité d’une cloison qui séparait la salle du local technique où l’imam avait trouvé refuge et où il avait été découvert mort. Enfin, un troisième foyer avait été découvert dans ce local même. L’accusé a toutefois nié y être entré.
Le feu avait été bouté à l’aide d’essence.
L’incendie avait coûté la vie à l’imam mais également causé des blessures à deux autres personnes, des musulmans qui étaient là pour la prière du soir. Rachid El Boukhari est également accusé d’avoir blessé deux personnes avec un couteau et une hache et il doit aussi répondre de menaces de mort envers les musulmans présents dans la mosquée au moment des faits.
Arrêté sur les lieux par la police, Rachid El Boukhari avait expliqué son geste comme une vengeance à l’égard des musulmans chiites, responsables, selon lui, de crimes envers des musulmans sunnites en Syrie. Lors de son interrogatoire par la cour, il a précisé qu’il n’avait voulu tuer personne mais qu’il voulait «éveiller les musulmans chiites» par rapport à la situation politique en Syrie.
Lavenir.net