La première écolière à porter le voile dans le canton revient sur les blessures subies

12:00 - December 08, 2014
Code de l'info: 2616437
Berne(IQNA)-Elle avait onze ans lorsque la commission scolaire de La Chaux-de-Fonds lui a interdit de porter son voile en classe. Aujourd’hui, 17 ans après, Amina Elaian-Talibi revient sur ces évènements traumatisants dans un ouvrage.

Avril 1997: Amina a onze ans lorsqu’elle décide de porter le voile islamique. Mais la commission scolaire de La Chaux-de-Fonds lui interdit d’arborer ce foulard en classe, au nom de la laïcité. Les médias de toute la Suisse s’intéressent à l’affaire.
Après un an de procédures, le conseiller d’Etat Thierry Béguin, chef de l’Instruction publique, annule la décision chaux-de-fonnière: la liberté religieuse l’emporte car la laïcité s’applique à l’école, non aux élèves. Amina peut souffler. Mais ce n’est que le début des batailles.  
Aujourd’hui, cette Suissesse d’origine palestinienne revient sur ces évènements, dans l’introduction de son mémoire de fin d’études réalisé à la Haute école de travail social de Genève.
Vous n’aviez que onze ans lorsque l’école et les médias ont focalisé l’attention sur vous en raison de votre voile. A l’époque, comment avez-vous vécu cette situation?
C’était invivable, traumatisant! J’éprouvais de la colère contre tous ces gens, comment pouvaient-ils s’acharner sur une gamine de onze ans? Je ne leur trouvais pas de raisons valables, d’autant plus que j’avais mis le voile de ma propre volonté. Depuis toute petite, mon père et ma mère m’avaient éduquée, ainsi que mes frères, aux principes et valeurs de l’Islam. Ce choix, à l’arrivée de la puberté, était une évidence pour moi! 
Vous parlez de traumatisme. A l’école, aviez-vous des soutiens?
Oui, mon maître de classe, une personne très compréhensive et tolérante, m’a soutenue et protégée jusqu’au bout. Quant à mes camarades de classe, ils n’étaient pas du tout surpris de me voir porter le voile, ils me connaissaient bien et s’y attendaient. Pour eux, rien n’avait changé. Je restais la même, Amina, leur amie. D’ailleurs ce sont eux qui me cachaient pour me protéger...
Vos copains de classe vous cachaient? 
Oui, dès qu’ils repéraient des journalistes qui tournaient autour de la cour de récréation, ils venaient m’avertir et me cachaient dans une salle de classe. Quand je sortais de l’école, je courais jusqu’à la maison pour fuir ceux qui voulaient m’interviewer. J’avais l’impression de ne plus avoir d’intimité.
Arcinfo.ch

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