C'est devenu une des sorties de classe les plus prisées de Belgique.
Des millers d'élèves ont déjà vu la pièce de théâtre Djihad, qui raconte
l'histoire tragi-comique de trois Bruxellois partis se battre en Syrie.
Prévue pour quelques représentations au mois de décembre 2014, la pièce
d'Ismaël Saidi est toujours à l'affiche, attirant prêt de 45.000
spectateurs en Belgique.
Dans Djihad, trois amis crédules décident de
partir faire la guerre sainte, sans avoir lu un traître mot du Coran.
On suit leur pérégrinations, burlesques ( «Dommage que c'est l'enfer qui
attend les dessinateurs... - Quoi? Même le mec qui a dessiné Bob
L'éponge?») et tragiques lorsqu'ils s'apprêtent à tuer un chrétien
syrien sans raison. Les évènements de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015
ont relancé la pièce, dans un pays marqué par la tuerie du Musée juif de
Bruxelles en 2014 et marqué par la radicalisation des jeunes et la
multiplication des départs en Syrie.
Une pièce jouée devant près de 20.000 élèves
«Cette
pièce est évidemment une autocritique de la communauté dont je fais
partie. Qui sont ces jeunes qui s'engagent?», s'interroge l'auteur et
metteur en scène Ismaël Saidi. Et d'ajouter à l'AFP: «Avant de les
stigmatiser, je voudrais qu'on analyse d'abord les symptômes, pour
pouvoir soigner le mal en amont.»
Sa pièce écrite à l'été 2014 est
devenue éducative. Reconnue d'utilité publique par la ministre de la
Culture belge, Djihad a déjà été proposé gratuitement à quelque 20.000
élèves.
Et après chaque représentation, Ismaël Siadi se charge de
tout un travail pédagogique par une rencontre avec un journaliste et un
islamologue. «On ne peut pas dédouaner l'islam de ce qui se passe en
répétant à outrance que ce n'est pas l'islam, confie le metteur en
scène, musulman pratiquant. Il y a une maladie dans la manière dont
l'islam est inculqué et pour la soigner, il faut l'admettre.»
La
pièce de Ismaël Saidi est même devenue un livre, où le texte de Djihad
est suivi d'un dossier pédagogique réalisé par un professeur de
philosophie.
Après les attentats de Paris et le coup de projecteur
accablant sur la ville de Molenbeek, les représentations ne
désemplissent pas. La pièce était d'ailleurs jouée à la Maison des
cultures de Molenbeek dès le mois de mars... Elle sera présentée à Lyon
au mois de janvier 2016.
lefigaro