Dans sa décision longuement motivée, le tribunal administratif écarte les arguments présentés par la LDH et le CCIF qui considèrent que cet arrêté porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales – celles de manifester ses convictions religieuses, de se vêtir et d’aller et venir. Le tribunal estime au contraire que dans le « contexte » de l’attentat de Nice le 14 juillet et de celui de l’assassinat du prêtre de Saint-Étienne-du-Rouvray le 26 juillet « qui a directement visé la religion chrétienne », cette mesure d’interdiction du port du « burkini » est « nécessaire, adaptée et proportionnée » pour éviter des troubles à l’ordre public.
Il observe que « le port d’un vêtement sur les plages, pour y afficher de façon ostentatoire, des convictions religieuses susceptibles d’être interprétées comme relevant du [fondamentalisme religieux islamiste]est non seulement de nature à porter atteinte aux convictions ou à l’absence de convictions religieuses des autres usagers de la plage, mais aussi d’être ressenti par certains comme une défiance ou une provocation exacerbant les tensions ressenties par la population. »
« Ce port vestimentaire sur les plages, poursuit le tribunal, peut également être perçu comme étant l’expression d’une revendication identitaire » alors que « quelle que soit la religion, les plages ne constituent pas un lieu adéquat pour exprimer de façon ostentatoire ses convictions religieuses. Elles n’ont pas vocation à être érigées en lieu de culte et doivent au contraire rester un lieu de neutralité religieuse. »
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