Dans le royaume britannique, une étude édifiante réalisée par le Département de la surveillance de la mobilité sociale, publiée dans le Guardian, a révélé au grand jour la triste réalité des discriminations à caractère islamophobe qui excluent du monde du travail les candidats musulmans, en dépit des qualités intrinsèques qui leur sont reconnues.
Leur « grande éthique, rigueur, sérieux et leur forte résilience », mentionnés par l’étude, ont beau se traduire par de bons, voire très bons résultats scolaires, ces vertus-là, quand elles sont incarnées par des hommes et des femmes aux noms à la consonance arabo-musulmane ou à l’islamité visible, se heurtent au puissant sentiment anti-musulmans qui règne au sein de l’entreprise. Et peu importe si leurs compétences et qualifications correspondent parfaitement à celles requises pour les postes à pourvoir !
Les statistiques mises en lumière sont éloquentes : 19,8% des citoyens britanniques de confession musulmane ont un emploi à temps plein, contre 34,9% de la population totale.
Les sujets musulmans de Sa Gracieuse Majesté ne se résignent pas pour autant à subir cet ostracisme comme une fatalité. Certains tentent, à la force du poignet, de se frayer un chemin dans le monde impitoyable du travail, de gravir coûte que coûte les échelons en démontrant qu’ils sont dignes de confiance, à l’image des 6% d’entre eux qui occupent de hautes fonctions administratives dans la sphère publique et privée, contre 10% de la population nationale. Mais ils sont l’exception qui confirme la règle…
Cette étude gouvernementale fait en effet ressortir que les musulmans de l’autre côté de la Manche sont, dans leur ensemble, confrontés à des taux de pauvreté plus élevés : 50% des ménages sont considérés comme pauvres, contre moins de 20% de la population britannique.
La décision rendue par la Cour de justice européenne, en mars dernier, en faveur de l’interdiction des signes religieux, et par conséquent du voile de la discorde, au sein de l’entreprise, fut à cet égard lourde de conséquences pour les femmes voilées qui, bien qu’armées de courage et de volonté, ont vu leur mise à l’index professionnelle être ainsi légalisée.
La conclusion de l’universitaire Jacqueline Stevenson, qui a supervisé cette étude, est sans appel : « Les musulmans sont exclus, ils sont victimes de discriminations qui les empêchent de franchir avec succès la phase de transition cruciale de l’éducation vers le travail. Dans l’ensemble, ces facteurs contributifs ont des implications profondes pour la mobilité sociale ».
oumma