11:01 - May 20, 2019
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A défaut de voir la vie en rose, la France semble aimer voir la vie en multicolore, aux reflets bigarrés de la diversité qui la compose, si l’on en juge par un baromètre au beau fixe : celui de la fraternité.
Ce baromètre établi par OpinionWay, après avoir sondé du 24 au 26 avril plus de 1000 personnes pour le compte du Labo de la fraternité (un collectif regroupant 26 associations qui oeuvrent pour la cohésion sociale), voit son aiguille pointer vers un Hexagone remarquablement ouvert d’esprit, qui considère que la diversité est une richesse.
 
Dévoilé officiellement mercredi dernier, ce deuxième baromètre de la fraternité fait ressortir que l’écrasante majorité des personnes interrogées (81% d’entre elles) estime que la diversité est une « bonne chose », soit une augmentation notable de 5 points par rapport à l’enquête réalisée l’année dernière.
 
De quoi courroucer les Cassandre du terroir qui, à la seule évocation d’une France multiculturelle, dépeignent un sombre tableau, en noir-obscur… Contrastant heureusement avec leurs prédictions alarmistes et anxiogènes, l’étude d’Opinion Way révèle que 50% des sondés(soit une hausse de 2 points) sont persuadés que les Français sont « prêts à échanger et agir avec des personnes dont les origines sociales, convictions religieuses ou origines ethniques sont différentes » des leurs.
 
La France, abreuvée d’informations sensationnalistes, d’images choc et de discours exaltant le nationalisme revanchard, ne serait donc pas aussi frileuse, sectaire, sensible à des sirènes électrisantes et repliée dans une nostalgie fiévreuse à la Zemmour, qu’on le dit ou qu’on le croit.
 
Pour Abdennour Bidar, président de l’association Fraternité générale, ce sondage qui montre un autre visage de la France de 2019, plus ouvert et tolérant, met en évidence la « capacité de résilience de notre société. On a le sentiment d’être sorti de la période des attentats. La menace existe toujours, mais le climat est moins anxiogène. Les tensions et donc les peurs sont moins vives », analyse-t-il.
 
Aussi réconfortant soit-il, ce baromètre de la fraternité se heurte toutefois à la réalité du terrain. En effet, la plupart des sondés avouent humblement qu’ils ne côtoient que ponctuellement des personnes issues d’autres horizons, ayant d’autres origines, voire représentant d’autres générations. «   Il y a un contraste entre l’idéal et la réalité », souligne Abdennour Bidar.
 
Selon cette étude, les Français ne sont que 46 % « à agir, organiser des actions, collaborer à un projet (sport, loisirs…) » avec des individus de générations différentes de la leur. Ce pourcentage descend à 40 %, avec des interlocuteurs provenant de milieux sociaux différents, 36 % avec ceux ayant une couleur de peau différente, 34 % avec ceux ayant des convictions religieuses différentes, 31 % avec ceux ayant une origine ethnique différente, 28 % avec ceux ayant une orientation sexuelle différente et seulement 12 % avec ceux qui sont réfugiés.
 
Pour expliquer ce « contraste entre l’idéal et la réalité », ils sont 30% à invoquer un manque cruel de temps et 46% à déplorer l’absence d’opportunités.
Oumma
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