9:56 - December 09, 2019
Code de l'info: 3471337
«La plus grande démocratie du monde» est-elle en train de se transformer en théocratie islamophobe ? C'est en tout cas le sentiment que peuvent laisser des décisions prises par le gouvernement indien depuis la réélection de Narendra Modi comme Premier ministre en mai 2019.
Dernière en date : la proposition de loi présentée au Parlement ce 9 décembre qui pourrait empêcher les réfugiés musulmans qui fuient les pays voisins pour des raisons religieuses d'obtenir la nationalité indienne. En revanche, les hindous, les sikhs, les jaïnistes, les parsis, les chrétiens et les bouddhistes ne sont pas visés. Les pratiquants de l'Islam resteront donc sans papiers, alors que le texte ne prévoit pas de mesure spécifique pour régler leur situation. 
 
La mesure, qui a été validée auparavant par le conseil des ministres, est une étape de plus dans une dérive idéologique assumée. Cette pensée nationaliste du Premier ministre veut faire accepter l'idée que l'Inde appartient aux hindous avant tout, et pas aux 180 millions de musulmans qui vivent dans le pays, soit 14% de la population. Fin août, le Registre national des citoyens avait ainsi dévoilé que 2 millions de personnes, en immense majorité musulmanes, pourraient perdre leur nationalité indienne pour ne pas avoir réussi à prouver qu'elles étaient présentes dans le pays depuis 1971. Si un appel est possible pour les concernés, les ONG s'inquiètent sur le fait qu'ils ne possèdent pas les ressources ou connaissances pour bien se défendre. 
 
LE CACHEMIRE SYMBOLE D'UNE INDE INTRAITABLE
Dans le même temps, le gouvernement a réalisé un véritable coup de force au Cachemire. Le gouvernement de Narendra Modi a purement et simplement supprimé le statut d'autonomie constitutionnelle de cette région à majorité musulmane particulièrement tendue car revendiquée par le Pakistan. La décision indienne a d'ailleurs créé une vive tension avec son voisin, au point que le Premier ministre pakistanais brandisse le risque nucléaire fin septembre. 
 
Isolés au Parlement, les musulmans du pays, qui subissent également une hausse des crimes de haines, ne semblent pas réussir à contrer cette offensive contre leur religion. Il y a donc fort à parier que la situation se complique encore dans les semaines et mois à venir. 
cnews.fr
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