9:53 - June 30, 2020
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Téhéran(IQNA)-L'histoire britannique a une histoire raciste et sombre, et son impérialisme, selon certains chercheurs et écrivains, se manifeste dans les peintures des murs intérieurs du ministère britannique des Affaires étrangères.
Les récentes manifestations contre le racisme et les discriminations, qui ont commencé aux États-Unis après le meurtre du citoyen noir George Floyd et qui se sont répandues dans d'autres parties du monde, y compris en Grande-Bretagne, ont révélé des racines historiques du racisme envers les personnes de couleur. La Grande-Bretagne et l'Occident ont toujours eu une vision méprisante de la civilisation orientale et des habitants de ces régions. 
 
David Wearing, professeur adjoint à l’école Holloway des relations internationales de l'Université de Londres, estime que les peintures murales sont une représentation des préjugés des responsables et des politiciens britanniques sur les développements au Moyen-Orient.
 
Selon Alexander Mirkovic, historien américain, ces peintures murales de héros anglo-saxons exploitant les colonies, dénoncent le caractère raciste de l'Empire britannique. 
 
Contrairement aux discussions récentes sur les statues historiques, ce dont on parle ici est la manière dont notre passé impérialiste façonne le climat raciste actuel. Les peintures murales du Département d'État expriment un sentiment de patriotisme extrême combiné à la violence contre les autres races, qui affecte toujours le discours dominant dans les relations étrangères de l’Angleterre.
 
La recherche la plus importante dans ce domaine, a été d’Edward Said, théoricien palestinien, qui a analysé les textes européens des XIXe et XXe siècles sur le racisme au Moyen-Orient, et qui estime que l’Occident a toujours été décrit comme intellectuel, rationnel et moral, et qu’en produisant de tels mythes sur la supériorité de l'Occident, les élites européennes ont pu renforcer et justifier leur vision impérialiste. 
 
Pendant la Première Guerre mondiale, juste au moment où les peintures murales du Département d'État étaient terminées, la Grande-Bretagne a pris le contrôle de l'Irak, de la Palestine et de la Jordanie orientale (aujourd'hui la Jordanie) sous les auspices de la Société des Nations (une organisation intergouvernementale fondée en 1920 après la Première Guerre mondiale qui après la Seconde Guerre mondiale, a été remplacée par les Nations Unies actuelles. 
 
"Ces terres étaient habitées par des personnes qui n’étaient pas capables de compter sur elles-mêmes, et leur éducation et leurs autres affaires devaient être laissées aux nations avancées qui peuvent faire mieux grâce à leurs ressources et leur expérience", a déclaré l'Assemblée générale des Nations Unies dans un communiqué. Le peuple irakien, site de la première civilisation humaine en Mésopotamie, a clairement senti ce qui se passait et a rejeté « l'altruisme britannique » dans un soulèvement populaire (en 1920 contre les occupants britanniques) qui s'est terminé avec le bombardement des villages rebelles par la Royal Air Force, dirigée à l’époque, par le ministre de la guerre, Winston Churchill.
 
Quatre-vingts ans plus tard (se référant à l'invasion de l'Irak par les Usa et leurs alliés), l'Irak tomba de nouveau sous la pression d'une puissance géostratégique conforme à l'estime de soi occidentale. Au sein de la communauté des élites britanniques, le débat s'est limité à des paramètres idéologiques déjà connus d’un "Occident vertueux et progressiste" opposé à un monde arabe « fanatique et arriéré ».
 
La guerre contre le terrorisme qui s'est généralisée, a créé une islamophobie moderne profondément enracinée dans le concept de choc des civilisations qui a rétabli les théories d'Edward Saeed. Cette confusion du machinisme occidental et le rejet de l’humiliation des peuples du Moyen-Orient, a pollué nos relations étrangères jusqu’à ce jour. Les préjugés européens qui ont laissé des milliers de migrants se noyer en Méditerranée (se référant à la crise des réfugiés), ont profondément marqué la campagne du Brexit.
 
Une comparaison entre les réactions de la classe politique britannique aux guerres en Irak et au Yémen est évidente. Dans le premier cas, il y a eu un débat sérieux sur la question de savoir si la Grande-Bretagne devait intervenir. Cette opinion a fait valoir que la non-ingérence dans la guerre en Irak, entraînerait une crise d'identité de la Grande-Bretagne et ignorerait son prétendu rôle historique en Irak. Au contraire, la guerre au Yémen où des crimes ont été commis avec l'aide de nos alliés, a rencontré un silence quasi total. Comment expliquer l’indifférence au rôle de la Grande-Bretagne dans la guerre au Yémen, et la profonde complicité de la Grande Bretagne dans le meurtre de milliers de personnes par bombardements et famine, qui devrait être un scandale national ?
 
La question n'est pas le caractère insultant des mots et des images, mais les fondements idéologiques de la violence de l'État contre le reste du monde en particulier le sud et le « tiers monde », et les préjugés racistes de cette idéologie – dont des exemples sont les peintures murales du Département d'État - enracinés dans l'empire séculaire qui a façonné la Grande-Bretagne moderne et ses relations avec le reste du monde. Notre tâche immédiate est de dénoncer, de faire face à cet héritage et de démanteler cette vision impérialiste.
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