9:13 - July 29, 2020
Code de l'info: 3473643
Téhéran(IQNA)-Le samedi 25 juillet, près de l'ambassade de Chine à Paris, environ 300 personnes réclamaient la fin du traitement réservé aux Ouïghours dans l’Empire du Milieu. Une initiative lancée sur les réseaux sociaux, notamment par le Collectif Contre l'Islamophobie (CCIF).
La France a proposé mardi 28 juillet qu'une "mission internationale émanant d'observateurs indépendants", "sous la houlette" de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, se rende au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour enquêter sur la situation de la minorité musulmane ouïghoure. Ce samedi 25 juillet, près de l'ambassade de Chine à Paris, environ 300 personnes réclamaient la fin du traitement réservé aux Ouïghours dans l’Empire du Milieu. Une initiative lancée sur les réseaux sociaux, notamment par le Collectif Contre l'Islamophobie (CCIF).
 
"Je suis de la couleur de ceux qui sont persécutés" scande un manifestant, ce samedi, près de la station de métro Saint-François-Xavier, dans le 7ème arrondissement de Paris. Aux alentours, ils sont environ 300 à s’être réunis.
 
Difficile, pour eux, de respecter les gestes barrières, tant l’espace est restreint et ce, même si un bon nombre des manifestants portent un masque chirurgical. Car si initialement, le rassemblement était prévu devant l’ambassade de la République Populaire de Chine, un dispositif policier empêchait les manifestants de s’en approcher. Nous avons, nous-mêmes, été vivement exhortés à quitter les lieux.
 
"Stop au génocide des Ouïghours"
L’assemblée est éclectique, mais surtout composée de jeunes venus dire "Stop au génocide des Ouïghours" comme le montrent les pancartes. Plusieurs appels au boycott de certaines marques, bien connues du grand public, qui usent de la main d’œuvre de cette minorité de musulmans en Chine - habitant la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine et en Asie centrale-, ont été lancés à plusieurs reprises.
 
Laura, manifestante de 25 ans, nous a d’ailleurs confié avoir fait une croix sur son week-end en famille pour participer à la manifestation : "J’ai vu l’appel à manifester sur les réseaux sociaux. Je ne suis ni musulmane, ni Chinoise, mais ce qui se passe là-bas me rappelle ce que les Juifs ont pu vivre sous le nazisme. On parle de plus d'un million de personnes ! Il faut que ça cesse !".
 
Le parallèle avec le sort réservé aux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ne s’est d’ailleurs pas fait que dans les propos de Laura. Ils sont plusieurs, dont un Ouïghour (qui a voulu rester anonyme) vivant en France depuis 2008, à brandir des pancartes qui comparent les deux situations : "Même si tout n’est pas exactement similaire, on parle, là encore, de la tentative d’éradication d’une minorité ethnique et religieuse pour ce qu’elle est. On parle de camps, dans lesquels des pratiques horribles telles que la stérilisation forcée des femmes, le prélèvement d’organes et d’autres atrocités sont pratiqués", nous confie-t-il, au bord des larmes.
 
Il ajoute : "Le silence de la France, de l’Occident et même de beaucoup de pays dits musulmans, me dégoûte. Je vis en France depuis plus de 10 ans, je me sens Ouïghour, Français et musulman à la fois. Je suis touché à plusieurs titres". Sa famille est d’ailleurs toujours en Chine et il craint de la voir subir des représailles, liées à son engagement.
 
D'autres rassemblements à venir
Peu de Ouïghours étaient présents à l’occasion de ce rassemblement, car notamment organisé sur le tard par le Collectif Contre l'Islamophobie. Mirqedir, l’un des représentants de l’association des Ouïghours de France, déplore l’absence de beaucoup de ses compatriotes et "l’absence de véritable organisation de cette manifestation".
 
L’association prévoit d’ailleurs une manifestation dès mercredi 29 juillet, afin de faire entendre sa voix, alors que la persécution des Ouïghours, par Pékin, commence à occuper l’espace médiatique et politique.
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